mercredi

La vocation des Cardinaux : Servir l'unité de l'Eglise

Saint Jean-Paul II crée Cardinal le futur Pape François

Servir l'unité de l'Eglise, vocation des cardinaux
Allocutions à l'angélus  


Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et soeurs, bonjour!

Dans la deuxième lecture de ce dimanche, saint Paul affirme : « Il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Céphas [c’est-à-dire Pierre], le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1Co 3,23). Pourquoi l’apôtre dit-il cela ? Parce que le problème que l’apôtre doit affronter est celui des divisions dans la communauté de Corinthe, dans laquelle s’étaient formés des groupes qui se référaient à différents prédicateurs qu’ils considéraient comme leurs chefs. Ils disaient : « « Moi, j’appartiens à Paul », « Moi, j’appartiens à Apollos », « Moi, j’appartiens à Pierre » » (1, 12). Saint Paul explique que cette façon de penser est erronée parce que la communauté n’appartient pas aux apôtres, mais ce sont eux – les apôtres – qui appartiennent à la communauté ; mais la communauté, tout entière, appartient au Christ !

Il découle de cette appartenance que, dans les communautés chrétiennes – diocèses, paroisses, associations, mouvements -, les différences ne peuvent pas contredire le fait que nous tous, par le baptême, nous avons la même dignité : tous, en Jésus-Christ, nous sommes enfants de Dieu. Et c’est là notre dignité : en Jésus-Christ, nous sommes enfants de Dieu ! Ceux qui ont reçu un ministère de guide, de prédication, d’administration des sacrements, ne doivent pas se considérer comme les propriétaires de pouvoir spéciaux, comme des patrons, mais se mettre au service de la communauté, en l’aidant à parcourir avec joie le chemin de la sainteté.

L’Eglise confie aujourd’hui le témoignage de ce style de vie pastorale aux nouveaux cardinaux, avec lesquels j’ai célébré la sainte messe ce matin. Nous pouvons saluer les nouveaux cardinaux par des applaudissements. Nous les saluons tous ! Le consistoire d’hier et la célébration eucharistique d’aujourd’hui nous ont offert une occasion précieuse pour faire l’expérience de la catholicité, de l’universalité de l’Eglise, bien représentée par les origines variées des membres du Collège cardinalice, rassemblés en étroite communion autour du Successeur de Pierre. Et que le Seigneur nous donne la grâce de travailler pour l’unité de l’Eglise, de construire cette unité, parce que l’unité est plus importante que les conflits ! L’unité de l’Eglise est du Christ, les conflits sont des problèmes qui ne sont pas toujours du Christ…

Que les moments liturgiques et de fête, que nous avons eu l’occasion de vivre au cours de ces deux derniers jours, fortifient en nous tous la foi, l’amour du Christ et de son Eglise ! Je vous invite aussi à soutenir ces pasteurs et de les aider de votre prière afin qu’ils guident toujours avec zèle le peuple qui leur a été confié, en manifestant à tous la tendresse et l’amour du Seigneur. Mais combien un évêque, un cardinal, un pape a besoin de prière afin de pouvoir aider le Peuple de Dieu à avancer !

Je dis « aider », c’est-à-dire servir le Peuple de Dieu, parce que la vocation de l’évêque, du cardinal et du pape est justement d’être serviteur, de servir au nom du Christ. Priez pour nous, afin qu’ils soient de bons serviteurs : de bons serviteurs, pas de bons patrons ! Tous ensemble, évêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs, nous devons offrir le témoignage d’une Eglise fidèle au Christ, animée par le désir de servir ses frères et prête à répondre, avec un courage prophétique, aux attentes et aux exigences spirituelles des hommes et des femmes de notre temps. Que la Vierge Marie nous accompagne et nous protège sur ce chemin.

Paroles du pape François après l’angélus

Je salue tous les pèlerins présents, en particulier ceux qui sont venus à l’occasion du consistoire pour accompagner les nouveaux cardinaux, et je remercie beaucoup les pays qui ont voulu être présents à cet événement par des délégations officielles.

Je salue les étudiants de Toulouse et la communauté des Vénézuéliens résidant en Italie.

Je salue les fidèles de Caltanissetta, Reggio Calabria, Sortino, Altamura, Ruvo et Lido degli Estensi; les jeunes de Reggio Emilia et ceux du diocèse de Lodi; l’Association cycliste d’Agrigente, et les bénévoles de la Protection civile de la Bassa Padovana. A tous, bon dimanche et bon déjeuner. Au-revoir ! 


Messe avec les nouveaux cardinaux: cultiver la docilité à l'Esprit Saint
"Le Cardinal entre dans l'Eglise de Rome, pas dans une cour"  



Homélie du pape François

« Que ton aide, Père miséricordieux, nous rende toujours attentifs à la voix de l’Esprit » (Collecte)

Cette prière, prononcée au début de la Messe, nous appelle à une attitude fondamentale : l’écoute de l’Esprit Saint, qui vivifie l’Église et l’anime. Par sa force créatrice et rénovatrice, l’Esprit soutient toujours l’espérance du Peuple de Dieu en marche dans l’histoire, et soutient toujours, comme Paraclet, le témoignage des chrétiens. En ce moment, nous tous, avec les nouveaux Cardinaux, nous voulons écouter la voix de l’Esprit qui parle à travers les Écritures proclamées.

Dans la première Lecture a résonné l’appel du Seigneur à son peuple : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2). Et Jésus dans l’Évangile rappelle : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Ces paroles nous interpellent tous, disciples du Seigneur ; et aujourd’hui, elles sont adressées spécialement à moi et à vous, chers frères Cardinaux, d’une manière particulière à vous qui êtes entrés hier dans le Collège cardinalice. Imiter la sainteté et la perfection de Dieu peut sembler un but inaccessible. Cependant, la première Lecture et l’Évangile suggèrent des exemples concrets afin que le comportement de Dieu devienne la règle de notre agir. Mais rappelons-nous tous, rappelons-nous que sans l’Esprit Saint, notre effort serait vain ! La sainteté chrétienne n’est pas avant tout notre œuvre, mais elle est le fruit de la docilité – voulue et cultivée – à l’Esprit de Dieu trois fois Saint.

Le Lévitique dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur… Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune… mais tu aimeras ton prochain… » (19, 17-18). Ces attitudes naissent de la sainteté de Dieu. Nous au contraire habituellement nous sommes si différents, si égoïstes et orgueilleux… pourtant la bonté et la beauté de Dieu nous attirent, et l’Esprit Saint peut nous purifier, il peut nous transformer, il peut nous modeler jour après jour. Faire ce travail de conversion, conversion du cœur, conversion que nous tous –spécialement vous Cardinaux, et moi – nous devons faire. Conversion !

Dans l’Évangile, Jésus aussi nous parle de la sainteté et nous explique la loi nouvelle, la sienne. Il le fait au moyen de quelques antithèses entre la justice imparfaite des scribes et des pharisiens et la justice supérieure du Royaume de Dieu. La première antithèse du passage d’aujourd’hui concerne la vengeance. « Vous avez appris qu’il a été dit : "Œil pour œil, dent pour dent". Eh bien ! moi, je vous dis : … si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre » (Mt 5, 38-39). Non seulement nous ne devons pas rendre à l’autre le mal qu’il nous a fait, mais nous devons nous efforcer de faire le bien avec largesse.

La seconde antithèse fait référence aux ennemis : « Vous avez appris qu’il a été dit : "Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi". Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (v. 43-44). À celui qui veut le suivre, Jésus demande d’aimer celui que ne le mérite pas, sans contrepartie, pour combler les vides d’amour qu’il y a dans les cœurs, dans les relations humaines, dans les familles, dans les communautés et dans le monde. Frères Cardinaux, Jésus n’est pas venu pour nous enseigner les bonnes manières, des manières de salon ! Pour cela il n’y avait pas besoin qu’il descende du ciel et meure sur la Croix. Le Christ est venu pour nous sauver, pour nous montrer le chemin, l’unique chemin de sortie des sables mouvants du péché, et ce chemin de sainteté c’est la miséricorde, chemin qu’il a fait et qu’il fait avec nous chaque jour. Être saints n’est pas un luxe, c’est nécessaire pour le salut du monde. C’est ce que le Seigneur nous demande.

Chers frères Cardinaux, le Seigneur Jésus et notre Mère l’Église nous demandent de témoigner avec beaucoup de zèle et d’ardeur de ces attitudes de sainteté. La sainteté d’un Cardinal consiste vraiment en ce supplément d’oblativité gratuite. Par conséquent, aimons ceux qui nous sont hostiles ; bénissons celui qui dit du mal de nous ; saluons d’un sourire celui qui peut-être ne le mérite pas ; n’aspirons pas à nous faire valoir, mais opposons la douceur à la tyrannie ; oublions les humiliations subies. Laissons-nous toujours guider par l’Esprit du Christ, qui s’est sacrifié lui-même sur la croix, pour que nous puissions être des "canaux" par lesquels s’écoule sa charité. C’est l’attitude, ce doit être la conduite d’un Cardinal. Le Cardinal – je le dis spécialement à vous - entre dans l’Église de Rome, frères, il n’entre pas dans une cour. Tous évitons et entraidons-nous pour éviter des habitudes et des comportements de cour : intrigues, bavardages, cercles, favoritismes, préférences. Que notre langage soit celui de l’Évangile : "oui, oui; non, non"; nos attitudes celles des Béatitudes, et notre route celle de la sainteté. Prions de nouveau : « Que ton aide, Père miséricordieux, nous rende toujours attentifs à la voix de l’Esprit ».

L’Esprit Saint nous parle aujourd’hui aussi à travers les paroles de saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu… le temple de Dieu est sacré, et ce temple c’est vous » (1 Co 3, 16-17). Dans ce temple, que nous sommes, se célèbre une liturgie existentielle : celle de la bonté, du pardon, du service, en un mot, la liturgie de l’amour. Notre temple est comme profané si nous négligeons nos devoirs envers le prochain. Quand dans notre cœur le plus petit de nos frères trouve place, c’est Dieu lui-même qui y trouve place. Quand ce frère est laissé dehors, c’est Dieu lui-même qui n’est pas accueilli. Un cœur vide d’amour est comme une église désaffectée, soustraite au service divin et destinée à un autre.

Chers frères Cardinaux, restons unis dans le Christ et entre nous ! Je vous demande de me demeurer proche, par la prière, le conseil, la collaboration. Et vous tous, évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées et laïcs, unissez-vous dans l’invocation de l’Esprit Saint, afin que le Collège des Cardinaux soit toujours plus ardent de charité pastorale, davantage rempli de sainteté, pour servir l’Évangile et aider l’Église à rayonner l’amour du Christ dans le monde.



"L'Eglise a besoin de votre communion", dit le pape aux cardinaux
Consistoire pour la création de 19 cardinaux



Homélie du pape François

« Jésus marchait devant eux… » (Mc 10,32).
Jésus marche devant nous aussi, en ce moment. Il est toujours devant nous. Il nous précède et nous ouvre la voie… Et c’est notre confiance et notre joie : être ses disciples, demeurer avec lui, marcher derrière lui, le suivre…
Quand nous avons célébré ensemble la première Messe dans la Chapelle Sixtine, « marcher » a été la première parole que le Seigneur nous a proposée : marcher, et ensuite construire et confesser.

Aujourd’hui cette parole revient, mais comme un acte, comme l’action de Jésus qui continue: « Jésus marchait… ». Cela nous frappe dans les Évangiles : Jésus marche beaucoup, il instruit les siens au long du chemin. C’est important. Jésus n’est pas venu pour enseigner une philosophie, une idéologie… mais une « voie », une route à parcourir avec lui, et la route s’apprend en la faisant, en marchant. Oui, chers Frères, voilà notre joie : marcher avec Jésus.

Mais ce n’est pas facile, ce n’est pas confortable, parce que la route que Jésus choisit est celle de la Croix. Alors qu’ils sont en chemin, il parle à ses disciples de ce qui va arriver à Jérusalem : il annonce sa passion, sa mort et sa résurrection. Alors ils sont « stupéfaits » et « remplis de crainte ». Stupéfaits, bien sûr, parce que, pour eux, monter à Jérusalem voulait dire participer au triomphe du Messie, à sa victoire – on le voit ensuite dans la demande de Jacques et de Jean ; et remplis de crainte pour ce que Jésus allait devoir subir, et aussi pour ce que eux risquaient de subir.

A la différence des disciples d’alors, nous savons que Jésus a vaincu, et nous ne devrions pas avoir peur de la Croix ; bien plus, dans la Croix nous avons notre espérance. Cependant, nous sommes nous aussi humains, pécheurs, et nous sommes exposés à la tentation de penser à la manière des hommes et non de Dieu.

Et quand on pense à la manière du monde, quel est la conséquence ? « Les dix autres se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean » (v. 41). Ils s’indignent. Si la mentalité du monde prend le dessus, surgissent les rivalités, les jalousies, les factions …

Alors, cette parole que le Seigneur nous adresse aujourd’hui est très salutaire ! Elle nous purifie intérieurement, elle fait la lumière dans nos consciences, elle nous aide à nous mettre pleinement en accord avec Jésus, et à le faire ensemble, au moment où le Collège des Cardinaux s’agrandit par l’entrée de nouveaux membres.

« Jésus les appela près de lui… » (Mc 10,42). Voici l’autre geste du Seigneur. Le long du chemin, il se rend compte qu’il y a besoin de parler aux douze, il s’arrête et les appelle à lui. Frères, laissons le Seigneur Jésus nous appeler à lui ! Laissons-nous convoquer par lui. Et écoutons-le, dans la joie d’accueillir ensemble sa Parole, de nous laisser instruire par elle et par le Saint Esprit, pour devenir toujours plus un seul cœur et une seule âme, autour de lui.

Et alors que nous sommes ainsi convoqués, « appelés près de lui » par notre unique Maître, moi aussi je vous dis ce dont l’Église a besoin : elle a besoin de vous, de votre collaboration, et plus encore de votre communion, communion avec moi et entre vous. L’Église a besoin de votre courage, pour annoncer l’Évangile en toute occasion, opportune ou inopportune, et pour rendre témoignage à la vérité.

L’Église a besoin de votre prière pour le bon cheminement du troupeau du Christ, la prière qui, avec l’annonce de la Parole, est la première tâche de l’Évêque. L’Église a besoin de votre compassion surtout en ce moment de douleur et de souffrance dans de nombreux pays du monde. Nous voulons exprimer notre proximité spirituelle à toutes les communautés ecclésiales et à tous les chrétiens qui souffrent de discriminations et de persécutions. L’Église a besoin de notre prière pour eux, afin qu’ils soient forts dans la foi et qu’ils sachent réagir au mal par le bien. Et notre prière s’étend à tout homme et à toute femme qui subit l’injustice à cause de ses convictions religieuses.

L’Église a besoin de nous aussi pour que nous soyons des hommes de paix et fassions la paix par nos œuvres, nos désirs, nos prières : pour cela invoquons la paix et la réconciliation pour les peuples qui en ces temps sont éprouvés par la violence et par la guerre.

Merci, Frères très chers ! Marchons ensemble derrière le Seigneur, et laissons-nous toujours davantage convoquer par lui, au milieu du peuple fidèle, de la sainte Mère Église.


jeudi

Chiara Luce Badano, 18 ans : « Un chef-d’œuvre lumineux »

Chiara Badano voit le jour à Sassello (diocèse d’Acqui, province de Savone), le 29 octobre 1971, après 11 ans d’attente de ses parents. Elle vit une enfance et une adolescence sereines, dans une famille unie dont elle reçoit une solide éducation chrétienne. Elle est d’un caractère généreux, exubérant : dès l’âge de 4 ans elle choisit avec soin les jouets qu’elle veut offrir aux enfants démunis : « Je ne vais quand même pas donner des jouets cassés à des enfants qui n’en ont pas ! » Au cours préparatoire, elle est pleine d’attentions pour sa voisine de banc qui a perdu sa maman.
 Elle écoute avec attention les paraboles de l’Évangile et se prépare avec beaucoup de sérieux à recevoir Jésus Eucharistie pour la première fois. Elle rend visite aux « petites grands-mères » de la maison de retraite. Sa vie est constellée d’acte d’amours tout simples. Elle note un soir dans son journal : « Une de mes camarades a la scarlatine et tous ont peur d’aller la voir. D’accord avec mes parents, je vais aller lui porter les devoirs pour qu’elle ne se sente pas seule. Je crois qu’il est important de dépasser la crainte, pour aimer. »


Vie de la Bienheureuse Chiara Luce Badano
Une jeune sainte de notre temps

À 9 ans, elle découvre le mouvement des Focolari et adhère à cent pour cent à « l’idéal de l’unité » de ce mouvement. Elle est également active dans sa paroisse et son diocèse. En 1981, elle participe avec ses parents à un festival mondial des familles à Rome, organisé par les Focolari. C’est le début, pour tous les trois, d’une nouvelle vie. Dans son village, elle se lance avec enthousiasme pour aimer ses camarades de classe et tous ceux qu’elle côtoie, décidée à vivre à fond l’Évangile qui l’a fascinée. De sa correspondance et des témoignages transparaissent la joie et l’émerveillement devant la vie. Chiara est une fille comme les autres : joyeuse et vive, elle aime la musique, la natation, le tennis, les randonnées en montagne. Elle a beaucoup d’amis, et lorsqu’on lui demande si elle leur parle de Dieu, elle répond : « Je ne dois pas parler de Jésus, mais je dois le donner aux autres par ma manière de me comporter. »

Son parcours n’est pas celui d’une solitaire. C’est un chemin parcouru ensemble avec les jeunes des Focolari : ils ne perdent pas une occasion pour, comme ils le disent, « sceller leur unité ». Pendant leurs rencontres, ils se racontent comment ils ont cherché à vivre l’Évangile, et communiquent aussi entre eux par des coups de fils, des visites, des lettres, des fêtes, des balades, des cadeaux. La mise en commun des biens est pour eux une réalité. Jusqu’à sa mort, Chiara conservera dans sa chambre une liste de ses objets personnels, pour les mettre à la disposition de qui pourrait en avoir besoin.

Elle a 17 ans lorsqu’au cours d’une partie de tennis, une forte douleur à l’épaule alerte les médecins. Commencent alors les examens cliniques et très vite le diagnostic tombe : cancer des os. En février 89, Chiara subit une première intervention chirurgicale : l’espoir de guérison est très faible. Les amis des Focolari s’alternent à l’hôpital pour la soutenir, elle et sa famille. Les périodes d’hospitalisation à Turin sont de plus en plus fréquentes, et avec elles les thérapies lourdes auxquels Chiara fait face avec beaucoup de courage. À chaque nouvelle « surprise », son offrande est décidée : « Pour toi Jésus, si tu le veux, je le veux moi aussi. » Chiara perd très vite l’usage de ses jambes. Une nouvelle intervention douloureuse se révèle après coup inutile.

Dans les moments les plus durs, son union avec Jésus abandonné – qui sur la croix ne perçoit plus la présence consolante du Père – la soutient. Elle confie même : « Si on me demandait maintenant si je voudrais marcher, je dirais non car ainsi je suis plus proche de Jésus. » Son médecin, non croyant et critique envers l’Église, dira plus tard : « Depuis que j’ai rencontré Chiara, quelque chose a changé en moi. Ici, il y a une cohérence, ici tout me plaît du christianisme. »

Contrainte désormais à l’immobilité, Chiara reste néanmoins très active : elle suit grâce au téléphone le groupe naissant des Jeunes pour un Monde Uni de Savone, elle se rend présente au moment des congrès et des différentes activités des Focolari. Elle invite beaucoup de ses amis et ses camarades de classe au Genfest 1990 (festival international des Jeunes pour un Monde Uni, à Rome en mai 90), qu’elle a la joie de suivre en direct grâce à l’antenne parabolique montée sur le toit de sa maison.

« C’est seulement la volonté de Dieu qui m’intéresse, dit-elle, bien la faire, dans l’instant présent. » Et encore : « À présent, je n’ai plus rien, mais j’ai encore mon cœur et avec lui je peux aimer. » La certitude d’être « aimée immensément de Dieu » la soutient. Sa confiance est inébranlable. À sa maman, anxieuse à l’idée de comment elle pourra vivre sans elle, elle répond : « Fais confiance à Dieu et tout sera fait ! »

En juillet 1990, Chiara Luce écrit : « La médecine a déposé les armes. Avec l’arrêt des traitements, les douleurs dans le dos ont augmenté et je n’arrive presque plus à me tourner sur le côté. Je me sens tellement petite et le chemin à parcourir est si ardu… Mais c’est l’Époux qui vient à ma rencontre… »

Avec l’aggravation de la maladie, il faudrait augmenter les doses de morphine, mais Chiara Luce refuse : « Cela m’enlève ma lucidité et la souffrance est la seule chose que je peux offrir à Jésus. » Désormais, il est clair pour elle qu’elle pourra bientôt Le rencontrer et elle se prépare. Un matin, après une nuit difficile, elle répète spontanément à intervalles réguliers : « Viens Seigneur Jésus. » Il est 11 heures du matin, lorsqu’un prêtre du Mouvement passe la voir à l’improviste. Chiara Luce est très heureuse car depuis son réveil, elle désirait ardemment recevoir Jésus Eucharistie, qui va devenir son
viatique.

Elle rend son dernier soupir le 7 octobre 1990. Elle a pensé à tout : aux chants pour son enterrement, aux fleurs, à sa coiffure, à sa robe qu’elle a voulue blanche, de mariée… Avec une recommandation : « Maman, quand tu me prépareras, tu devras toujours te répéter : ‘’À présent, Chiara Luce voit Jésus.‘’ » Et à son père qui lui demande si elle est toujours décidée à donner la cornée de ses yeux, elle répond par l’affirmative avec un sourire lumineux. Puis un dernier salut à sa maman : « Au revoir ! Sois heureuse car je le suis », et un sourire à son père.

Des centaines de jeunes ont participé aux funérailles célébrées par l’évêque et de nombreux prêtres. Un grand bouquet de fleurs et un télégramme sont arrivés à ses parents de la part de Chiara Lubich : « Remercions Dieu pour son chef-d’œuvre lumineux. »

Témoignage des parents de Chiara Luce Badano

L’évêque du diocèse d’Acqui qui l’avait confirmée et l’avait rencontrée plusieurs fois durant sa maladie, a mis en route, le 11 juin 1999 la phase diocésaine de béatification. Chiara Badano a été déclarée vénérable le 3 juillet 2008 et le 19 décembre 2009, le pape reconnaissait le miracle obtenu par son intercession, prélude de la prochaine béatification à Rome le 25 septembre 2010.

The life of Chiara Luce Badano (English)

Pape François : La confession, joie du Père qui retrouve son enfant



Catéchèse du pape François sur le sacrement de la réconciliation
Un sacrement de guérison 
Rome, 19 février 2014 

Chers frères et sœurs, bonjour !

À travers les sacrements de l’initiation chrétienne, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, l’homme reçoit la vie nouvelle dans le Christ. Maintenant, nous le savons tous, nous portons cette vie « dans des vases d’argile » (2 Co 4,7), nous sommes encore soumis à la tentation, à la souffrance, à la mort et, à cause du péché, nous pouvons même perdre cette vie nouvelle. C’est pourquoi le Seigneur Jésus a voulu que l’Église continue son œuvre de salut pour ses propres membres, en particulier grâce au sacrement de la Réconciliation et à celui de l’Onction des malades, qui peuvent être réunis sous le nom de « sacrements de guérison ». Le sacrement de la réconciliation est un sacrement de guérison. Lorsque je vais me confesser, c’est pour être guéri, pour guérir mon âme, guérir mon cœur et ce que j’ai fait et qui ne va pas. L’image biblique qui les exprime le mieux, dans leur lien profond, est l’épisode du pardon et de la guérison du paralytique, lorsque le Seigneur se révèle à la fois comme médecin des âmes et des corps (cf. Mc 2,1-12 ; Mt 9,1-8 ; Lc 5,17-26).

1. Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation jaillit directement du mystère pascal. En effet, le soir même de Pâque, le Seigneur est apparu à ses disciples, enfermés au cénacle, et, après leur avoir adressé sa salutation « Paix à vous ! », il souffla sur eux et dit : « Recevez l’Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20,21-23). Ce passage nous dévoile la dynamique plus profonde qui est contenue dans ce sacrement. Avant tout, le fait que le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner à nous-mêmes. Je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à quelqu’un d’autre et dans la Confession, nous demandons à Jésus son pardon. Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, un don de l’Esprit-Saint, qui nous comble dans le bain régénérant de miséricorde et de grâce qui coule sans cesse du cœur grand-ouvert du Christ crucifié et ressuscité.

En second lieu, il nous rappelle que c’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur Jésus avec le Père et avec nos frères que nous pouvons être vraiment dans la paix. Et cela, nous l’avons tous ressenti dans notre cœur lorsque nous allons nous confesser, avec un poids sur l’âme, un peu de tristesse ; et quand nous recevons le pardon de Jésus, nous sommes en paix, avec cette paix de l’âme qui est si belle et que seul Jésus peut donner, lui seul.

2. Avec le temps, la célébration de ce sacrement est passée d’une forme publique – parce que, au début, cela se faisait publiquement – à celle, personnelle et privée, de la confession. Cela ne doit pas faire perdre la matrice ecclésiale, qui en constitue le contexte vital. En effet, c’est la communauté chrétienne qui est le lieu où se rend présent l’Esprit qui renouvelle les cœurs dans l’amour de Dieu et qui fait de tous nos frères une seule chose dans le Christ Jésus. Voilà pourquoi il ne suffit pas de demander pardon au Seigneur dans son esprit et dans son cœur, mais il est nécessaire de confesser ses péchés humblement et avec confiance au ministre de l’Église.

Dans la célébration de ce sacrement, le prêtre ne représente pas seulement Dieu mais toute la communauté, qui se reconnaît dans la fragilité de chacun de ses membres, qui est émue en entendant son repentir, qui se réconcilie avec lui, lui redonne courage et l’accompagne sur son chemin de conversion et de maturation humaine et chrétienne. On peut dire : je ne me confesse qu’à Dieu. Oui, tu peux dire à Dieu « pardonne-moi » et lui dire tes péchés, mais nos péchés sont aussi contre nos frères, contre l’Église. C’est pour cela qu’il est nécessaire de demander pardon à l’Église, à nos frères, dans la personne du prêtre. « Mais, Père, j’ai honte… ». La honte aussi est bonne, c’est sain d’avoir un peu honte, parce qu’avoir honte est salutaire. Dans mon pays, quand quelqu’un n’a pas honte, on dit qu’il est « sans vergogne », un « sin verguenza ». Mais la honte aussi nous fait du bien, parce qu’elle nous rend plus humbles et le prêtre reçoit cette confession avec amour et tendresse et il pardonne au nom de Dieu.

D’un point de vue humain aussi, pour se soulager, il est bon de parler avec son frère et de dire au prêtre ces choses qui pèsent tellement sur mon cœur. Et on sent qu’on s’épanche auprès de Dieu, auprès de l’Église, auprès de notre frère. N’ayez pas peur de la confession ! Quand on fait la queue pour se confesser, on sent tout cela, et la honte aussi, mais après quand la confession est terminée, on sort libre, grand, beau, pardonné, blanc, heureux. C’est cela qui est beau dans la confession ! Je voudrais vous demander  - mais ne le dites pas à voix haute, que chacun réponde dans son cœur – quand est ce que tu t’es confessé, quand est-ce que tu t’es confessée pour la dernière fois ? Que chacun réfléchisse… Il y a deux jours, deux semaines, deux ans, vingt ans, quarante ans ? Que chacun fasse le compte, mais que chacun se dise : quand est-ce que je me suis confessé pour la dernière fois ? Et s’il y a longtemps, ne perd pas une journée de plus, vas-y, et le prêtre sera bon. C’est Jésus qui est là, et Jésus est meilleur que les prêtres, Jésus te reçoit, te reçoit avec beaucoup d’amour. Sois courageux et va te confesser !

Pardonner

Chers amis, célébrer le sacrement de la réconciliation signifie être enveloppé dans une étreinte chaleureuse : c’est l’étreinte de l’infinie miséricorde du Père. Souvenons-nous de cette belle, belle parabole du fils qui est parti de chez lui avec l’argent de l’héritage ; il a dépensé tout l’argent et, lorsqu’il n’avait plus rien, il a décidé de rentrer chez lui, non pas comme un fils mais comme un serviteur. Il avait une telle faute sur le cœur et il avait tellement honte. La surprise a été que, lorsqu’il a commencé à parler, à demander pardon, son père ne l’a pas laissé parler, il l’a serré dans ses bras, l’a embrassé et a fait la fête. Mais moi, je vous dis : chaque fois que nous nous confessons, Dieu nous serre dans ses bras, Dieu fait la fête ! Avançons sur ce chemin ! Que le Seigneur vous bénisse !

Le péché

mercredi

Mère Teresa

“ Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus.”

Petite de stature, avec une foi solide comme le roc, Mère Teresa de Calcutta, se vit confier la mission de proclamer la soif infinie de l’amour de Dieu pour l’humanité, en particulier pour les plus pauvres des pauvres, “Dieu aime toujours le monde et Il nous envoie, vous et moi, pour être son amour et sa compassion auprès des pauvres.” C’était une âme remplie de la lumière du Christ, brûlante d’amour pour lui et consumée d’un seul désir: “apaiser sa soif d’amour et des âmes.”

Vie de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta

Cette messagère lumineuse de l’amour de Dieu est née le 26 août 1910 à Skopje, une ville située aux croisements de l’histoire des Balkans. Cadette de Nikola et Drane Bojaxhiu, elle fut appelée Gonxha Agnès ; elle reçut sa première communion à l’âge de cinq ans et demi et fut confirmée en novembre 1916. Le jour de sa première communion, elle fut remplie d’un grand amour pour les âmes. La mort soudaine de son père quand elle avait environ huit ans, laissa la famille dans une condition financière difficile. Drane éleva ses enfants avec amour et fermeté, influençant beaucoup le caractère et la vocation de sa fille. La formation religieuse de Gonxha fut soutenue par la paroisse jésuite très active du Sacré Cœur dans laquelle elle était bien engagée.

A l’âge de dix-huit ans, poussée par le désir de devenir missionnaire, Gonxha quitte sa maison en septembre 1928 pour rentrer à l’Institut de la Vierge Marie, connu sous le nom de Sœurs de Lorette, en Irlande. Là, elle reçut le nom de Sœur Mary Teresa, après Sainte Thérèse de Lisieux. En décembre, elle part pour l’Inde, et arrive à Calcutta le 6 janvier 1929. Après avoir fait ses premiers vœux en mai 1931, Sœur Teresa fut envoyée à la communauté de Loretto Entally à Calcutta et enseigna à l’école de filles, Sainte Marie. Le 24 mai 1937, Sœur Teresa fit ses vœux perpétuels devenant, comme elle disait, “l’épouse de Jésus” pour “toute l’éternité.” A partir de ce moment-là, elle fut appelée Mère Teresa. Elle continua à enseigner à Sainte Marie et en 1944 devint la directrice de l’école. Les vingt années de Mère Teresa à Lorette furent remplies d’une joie profonde, elle était très pieuse, aimant profondément ses sœurs et ses élèves. Remarquée pour sa charité, sa générosité et son courage, sa résistance au travail et douée d’un talent naturel pour l’organisation, elle vécut sa consécration à Jésus, au milieu de ses compagnes, avec joie et fidélité.

Le 10 septembre 1946, en route pour sa retraite annuelle à Darjeeling, Mère Teresa reçut dans le train son “inspiration”, son “appel dans l’appel”. Ce jour-là, d’une manière qu’elle n’expliquera jamais, la soif de Jésus d’aimer et sa soif pour les âmes prit possession de son cœur et le désir de satisfaire cette soif devint la motivation de sa vie. Au cours des semaines et des mois suivants, Jésus lui révéla, par des locutions intérieures et des visions, le désir de son cœur d’avoir“des victimes d’amour”, qui “diffuseraient son amour sur les âmes.” Il la suppliait “Viens, sois ma lumière”. “Je ne peux y aller seul.” Il lui révéla sa douleur devant la négligence envers les pauvres, son chagrin d’être ignoré d’eux et son immense désir d’être aimé par eux. Il demanda à Mère Teresa d’établir une communauté religieuse, les Missionnaires de la Charité, dédiée au service des plus pauvres d’entre les pauvres. Presque deux ans d’épreuves et de discernement passèrent avant que Mère Teresa ne reçoive la permission de commencer. Le 17 août 1948, elle se revêtit pour la première fois de son sari blanc, bordé de bleu et passa les portes de son couvent bien-aimé de Lorette pour entrer dans le monde des pauvres.

Après un stage de courte durée chez les Sœurs de la Mission Médicale à Patna, Mère Teresa retourna à Calcutta et trouva un logement temporaire chez les Petites Sœurs des Pauvres. Le 21 décembre, elle alla pour la première fois dans les bidonvilles. Elle visita quelques familles, lava les plaies de plusieurs enfants, prit soin d’un vieil homme malade allongé dans la rue et d’une femme tuberculeuse mourant de faim. Elle commençait chaque journée en communion avec Jésus dans l’Eucharistie et puis elle sortait, le chapelet à la main, pour le trouver et le servir dans“les rejetés, les mal-aimés, les négligés.” Après quelques mois, ses anciennes élèves la rejoignèrent une par une.

Le 7 octobre 1950, la nouvelle congrégation des Missionnaires de la Charité était officiellement établie dans l’Archidiocèse de Calcutta. Au début des années 60, Mère Teresa commença à envoyer ses sœurs dans d’autres régions de l’Inde. L’approbation accordée par le Pape Paul VI en février 1965 l’encouragea à ouvrir une maison au Venezuela. Ce fut bientôt suivi par des fondations à Rome et en Tanzanie et finalement, sur tous les continents. Commençant en 1980 et continuant à travers les années 90, Mère Teresa ouvrit des maisons dans presque tous les pays communistes, y compris l’ancienne Union Soviétique, l’Albanie et Cuba.

Afin de mieux répondre aux besoins physiques aussi bien que spirituels des pauvres, Mère Teresa fonda Les Frères Missionnaires de la Charité en 1963, en 1976 la branche contemplative des sœurs, en 1979 les Frères Contemplatifs, et en 1984 les Pères Missionnaires de la Charité. Cependant son inspiration n’était pas limitée à ceux qui avaient une vocation religieuse. Elle forma les Coopérateurs de Mère Teresa et les Coopérateurs Malades et Souffrants, personnes de fois et nationalités différentes avec qui elle partageait son esprit de prière, de simplicité, de sacrifice et son apostolat pour les humbles travaux d’amour.Cet esprit inspira plus tard les Laïques Missionnaires de la Charité. En réponse aux demandes de beaucoup de prêtres, en 1981 Mère Teresa commença aussi le mouvement Corpus Christi pour les prêtres, traçantun “petit chemin de sainteté” pour ceux qui désirent partager son charisme et son esprit.

Les missionnaires de la charité
   
Durant ces années de croissance rapide, le monde commença à tourner son regard vers Mère Teresa et le travail qu’elle avait commencé. Elle reçut de nombreux prix pour honorer son travail, en commençant par le prix indien Padmashri en 1962 et le Prix Nobel de la Paix en 1979, alors que les médias, avec un intérêt grandissant, commençaient à suivre ses activités. Elle reçut tout cela “pour la gloire de Dieu et au nom des pauvres”.

L’ensemble de la vie et de l’œuvre de Mère Teresa témoignent de la joie d’aimer, de la grandeur et dignité de chaque être humain, de la valeur de chaque petite chose faite avec foi et avec amour, et, par-dessus tout, de l’amitié avec Dieu. Mais il y avait un autre côté héroïque de cette grande femme qui fut révélé seulement après sa mort. Cachée aux yeux de tous, cachée même à ses plus proches, sa vie intérieure fut marquée par l’expérience d’un sentiment profond, douloureux et constant d’être séparée de Dieu, même rejetée par lui, accompagné d’un désir toujours croissant de son amour. Elle appela son expérience intérieure, “l’obscurité”. La “ nuit douloureuse ” de son âme qui débuta à peu près au moment où elle commençait son travail pour les pauvres et qui continua jusqu’à la fin de sa vie, conduisit Mère Teresa à une union toujours plus profonde avec Dieu. A travers cette obscurité, elle participa mystiquement à la soif de Jésus dans son désir d’amour douloureux et ardent, et elle partagea la désolation intérieure des pauvres.

Durant les dernières années de sa vie, malgré des problèmes de santé de plus en plus sérieux, Mère Teresa continua à gouverner sa congrégation et à répondre aux besoins des pauvres et de l’Eglise. En 1997, les sœurs de Mère Teresa étaient au nombre d’environ 4000 et étaient établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde. En mars 1997, elle bénit la nouvelle supérieure générale des Missionnaires de la Charité récemment élu et elle effectua encore un voyage à l’étranger. Après avoir rencontré le Pape Jean Paul II pour la dernière fois, elle rentra à Calcutta et passa ses dernières semaines à recevoir des visiteurs et à enseigner es sœurs. Le 5 septembre fut le dernier jour de la vie terrestre de Mère Teresa. Elle reçut du gouvernement de l’Inde les honneurs de funérailles officielles et son corps fut enterré dans la Maison Mère des Missionnaires de la Charité. Sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage et de prière pour les gens de toutes fois, riches et pauvres. Mère Teresa laissa le testament d’une foi inébranlable, d’un espoir invincible et d’une charité extraordinaire. Sa réponse à la cause de Jésus, “Viens sois ma lumière”, fit d’elle une Missionnaire de la Charité, une “mère pour les pauvres”, un symbole de compassion pour le monde et un témoignage vivant de la soif d’amour de Dieu.

Mère Teresa - Document France 3



Moins de deux ans après sa mort, dû à la réputation de sainteté largement répandue de Mère Teresa et au rapport des faveurs reçues, le Pape Jean Paul II permit l’ouverture de sa cause de canonisation. Le 20 décembre 2002, il approuva les décrets de ses vertus héroïques et miracles.

Homélie de Jean-Paul II pour la Béatification de Mère Teresa  

FILM
   

samedi

Pape François : L'eucharistie fait grandir l'ouverture aux autres




L'eucharistie fait grandir l'ouverture aux autres
Catéchèse du 12 février 2014

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans la dernière catéchèse, j’ai mis en lumière le fait que l’Eucharistie nous introduit dans la communion réelle avec Jésus et son mystère. Maintenant, nous pouvons nous poser quelques questions sur le rapport entre l’Eucharistie que nous célébrons et notre vie, en tant qu’Église et personnellement, en tant que chrétiens. Demandons-nous : comment vivons-nous l’Eucharistie ? Lorsque nous allons à la messe le dimanche, comment la vivons-nous ? Est-ce seulement un moment de fête, est-ce une tradition bien établie, est-ce une occasion de nous retrouver ou de nous sentir en règle, ou bien est-ce davantage ?

Il y a des signaux très concrets qui nous permettent de comprendre comment nous vivons cela, comment nous vivons l’Eucharistie ; des signaux qui nous disent si nous vivons bien l’Eucharistie, ou si nous ne la vivons pas très bien.

Le premier indice est notre façon de regarder et de considérer les autres. Dans l’Eucharistie, le Christ réalise, d’une manière toujours nouvelle, le don qu’il a fait de lui-même sur la Croix. Toute sa vie est un acte de partage total de lui-même par amour ; c’est pour cela qu’il aimait être avec ses disciples et avec les personnes qu’il avait la possibilité de connaître. Cela signifiait pour lui partager leurs désirs, leurs problèmes, ce qui agitait leur âme et leur vie. Et nous, lorsque nous participons à la messe, nous nous retrouvons avec des hommes et des femmes de toutes sortes : des jeunes, des personnes âgées, des enfants, des pauvres et des personnes aisées, des gens du coin ou des étrangers, en famille ou seuls… Mais l’Eucharistie que je célèbre me porte-t-elle à les voir tous vraiment comme des frères et sœurs ? Est-ce qu’elle fait grandir en moi la capacité de me réjouir avec celui qui est dans la joie et de pleurer avec celui qui pleure ? Est-ce qu’elle me pousse à aller vers les pauvres, les malades, les personnes marginales ? Est-ce qu’elle m’aide à reconnaître en eux le visage de Jésus ?

Nous allons tous à la messe parce que nous aimons Jésus et que nous voulons partager, dans l’Eucharistie, sa passion et sa résurrection. Mais est-ce que nous aimons, comme le veut Jésus, ces frères et ces sœurs plus démunis ? Par exemple, à Rome, ces derniers jours, nous avons vu beaucoup de malaises sociaux, à cause de la pluie, qui a provoqué beaucoup de dégâts dans des quartiers entiers, ou en raison du manque de travail qui est la conséquence de la crise économique dans le monde entier. Je me pose la question, et chacun de nous peut se la poser : moi, qui vais à la messe, comment est-ce que je vis tout cela ? Est-ce que je me préoccupe d’aider ceux qui sont touchés par ces problèmes, de m’approcher d’eux, de prier pour eux ? Ou bien est-ce que je suis un peu indifférent ? Ou alors, peut-être que je préfère les cancans : tu as vu comment elle est habillée, celle-là, ou tu as vu celui-là, comment il est habillé ? C’est parfois ce qui se passe après la messe, et il ne devrait pas en être ainsi ! Nous devons nous préoccuper de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin à cause de la maladie ou d’un problème. Cela nous fera du bien, aujourd’hui, de penser à nos frères et sœurs qui ont ces problèmes, ici, à Rome : à cause de la tragédie provoquée par la pluie, ou des problèmes sociaux et de travail. Demandons à Jésus, que nous recevons dans l’Eucharistie, de nous aider à les aider.

Un second indice, très important, est la grâce de se sentir pardonné et prêt à pardonner. Parfois, on entend cette question : « Pourquoi faudrait-il aller à l’église, puisque ceux qui participent habituellement à la messe sont pécheurs comme les autres ? » Combien de fois avons-nous entendu cela ! En réalité, celui qui célèbre l’Eucharistie ne le fait pas parce qu’il se considère ou qu’il veut apparaître meilleur que les autres, mais précisément parce qu’il reconnaît qu’il a toujours besoin d’être accueilli et régénéré par la miséricorde de Dieu faite chair en Jésus-Christ. Si l’un de nous ne sent pas qu’il a besoin de la miséricorde de Dieu, ne sent pas qu’il est pécheur, il vaut mieux qu’il n’aille pas à la messe ! Nous allons à la messe parce que nous sommes pécheurs et que nous voulons recevoir le pardon de Dieu, prendre part à la rédemption de Jésus, à son pardon.

Ce « je confesse » que nous disons au début n’est pas « pour la forme », c’est un véritable acte de pénitence ! Je suis pécheur et je le confesse, c’est ainsi que commence la messe ! Nous ne devons jamais oublier que le Dernier repas de Jésus a eu lieu « la nuit où il était livré » (1 Co 11,23). Dans ce pain et ce vin que nous offrons et autour desquels nous sommes rassemblés, se renouvelle chaque fois le don du corps et du sang du Christ pour la rémission de nos péchés. Nous devons aller à la messe humblement, comme des pécheurs, et le Seigneur nous réconcilie. Cela exprime au mieux le sens le plus profond du sacrifice du Seigneur Jésus, et élargit à son tour notre cœur au pardon des frères et à la réconciliation.

Un dernier et précieux indice nous est offert par la relation qui existe entre la célébration eucharistique et la vie de nos communautés chrétiennes. Il faut toujours garder présent à l’esprit que l’Eucharistie n’est pas quelque chose que nous faisons nous-mêmes ; nous ne faisons pas une commémoration de ce que Jésus a dit et fait. C’est véritablement une action du Christ ! C’est le Christ qui agit ici, qui est sur l’autel. C’est un don du Christ, qui se rend présent et nous réunit autour de lui, pour nous nourrir de sa Parole et de sa vie même. Cela signifie que la mission et l’identité même de l’Église jaillissent de là, de l’Eucharistie, et c’est là qu’elles prennent forme. Une célébration peut être impeccable du point de vue extérieur, très belle, mais si elle ne nous conduit pas à la rencontre avec Jésus, elle risque de n’apporter aucune nourriture à notre cœur et à notre vie. À travers l’Eucharistie, au contraire, le Christ veut entrer dans notre existence et l’imprégner de sa grâce de sorte que, dans toute communauté chrétienne, il y ait une cohérence entre la liturgie et la vie.

Notre cœur est plein de confiance et d’espérance en pensant aux paroles de Jésus qui nous sont rapportées dans l’Évangile : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (6,54). Vivons l’Eucharistie dans un esprit de foi et de prière, de pardon, de pénitence, de joie communautaire, de préoccupation à l’égard des personnes démunies et des besoins de tous nos frères et sœurs, avec la certitude que le Seigneur accomplira ce qu’il nous a promis : la vie éternelle. Ainsi soit-il !

mercredi

Sainte Kateri Tekakwitha : Le "Lys des Iroquois"




Sainte Kateri Tekakwitha
Le "Lys des Iroquois"

 Kateri est la première bienheureuse indienne du continent nord-américain. Elle est née à Ossernenon, où les saints Isaac Jogues, René Goupil et Jean de la Lande avaient versé leur sang pour la foi.

Après bien des péripéties, elle trouve refuge à la mission jésuite Saint-François-Xavier sur le Saint-Laurent. Là elle mènera une vie de prière et de travail exemplaire. Elle y mourra en 1680.

Kateri Tekakwitha, "la plus belle fleur épanouie au bord du Saint-Laurent", telle est l' inscription en iroquois qu'on peut lire sur la tombe de cette jeune Indienne, morte à 24 ans. Preuve que Dieu aime "ce qui est petit" et qu'il choisit souvent des enfants ou des gens très simples.

La vie de Kateri Tekakwitha est tout entière un message de simplicité évangélique, de générosité, de confiance et d'amour ardent pour le Christ.

C'est au cœur de la Nouvelle-France, futur Québec, qu'est née en 1656 Tekakwitha, d'une mère algonquine chrétienne et d'un père iroquois. A quatre ans, elle se retrouve orpheline, seule survivante de sa famille, emportée par une terrible épidémie de petite vérole. Son visage est marqué et sa vue en ressort affaiblie, d'où le nom de Tekakwitha, "celle-qui-avance-en-hésitant". Miracle vivant que cette enfant, désormais revêtue d'un grand châle qui protège ses yeux du soleil, et qui n'aura pourtant de cesse de réaliser sans hésiter sa vocation : être pleinement unie à Dieu, alors qu'elle ne connaît pas encore le baptême. Mystère que cette humble présence de Dieu dans le cœur d'une fillette, isolée au milieu d'un peuple encore sauvage qui vit dans la forêt. Car, de sa petite enfance, Tekakwitha a gardé en mémoire les chants et les prières que lui a appris sa mère "Fleur-de-la-prairie". Dans le silence de la forêt, elle aime la retrouver, grâce au "Grand-Esprit", et prier sans cesse. Les Iroquois eux-mêmes sont bien en peine de la comprendre. Certes, elle participe aux travaux de la tribu, elle charme tout le village par sa gentillesse et sa docilité, mais ses refus successifs de toute proposition de mariage choquent les mœurs des Indiens et provoquent mépris et jalousie. A plusieurs reprises, elle est même obligée de s'enfuir, ce qui ne l'empêche pas, au retour, de pardonner à tous ceux qui la font souffrir.

Un jour, des missionnaires jésuites décident de s'installer pour quelques années au village. A leur contact, Tekakwitha prend conscience du désir qui l'anime : elle aspire, par le baptême, à devenir véritablement chrétienne. De sorte qu'en 1673, après que trente Iroquois adultes ont reçu le baptême, un des pères jésuites, Jacques de Lamberville, la remarque. Très vite, il est touché par la pureté et le courage de cette jeune fille. Tekakwitha a dix-sept ans ; grâce à lui, elle devient catéchumène et se passionne pour l'histoire sainte. Trois ans plus tard, enfin, elle réalise son vœu le plus cher : elle est baptisée le dimanche de Pâques 1676 en adoptant le nom de Kateri (Catherine, en iroquois ). Sa simplicité, sa joie modeste, sa douceur foncière font l'émerveillement de tous les assistants et lui gagnent l'affection d'une partie de la population.

Béatification par Jean Paul II
Kateri réalise des progrès étonnants et rapides : ainsi elle manifeste une ferveur particulière devant le Saint-Sacrement qu'elle vient adorer une grande partie de la journée. Elle aime aussi retrouver sa chère forêt et prier devant une croix qu'elle a elle-même tracée sur l'écorce d'un arbre. Elle prie régulièrement pour le salut de ses frères, les Indiens, malgré la méchanceté, les calomnies et les persécutions de bon nombre d'entre eux qui n'acceptent pas la singularité et l'originalité de sa foi. Pour la protéger, le P. de Lamberville l'aide à se réfugier à la Mission Saint François-Xavier, sur le Saint-Laurent. "Vous connaîtrez bientôt le trésor que nous vous donnons, écrit-il au P. Frémin. Gardez-le donc bien ! Qu'entre vos mains il profite à la gloire de Dieu…"

Kateri, à la Mission, semble avoir trouvé sa vraie famille. Des Indiens de tous les clans, en général ennemis (Algonquins, Hurons, Iroquois ), y vivent en frères et s'aiment profondément. C'est dans ce milieu si favorable qu'elle s'épanouit, et qu'elle se prépare à la première communion pour Noël 1677 en se confiant à Marie, "la Mère du Grand-Esprit" comme l'appellent les Indiens. Le P. Cholenec écrit : "Cette jeune fille, toute sauvage qu'elle était, se trouvait si pleine de Dieu, et elle goûtait tant de douceurs, dans cette possession, que tout son extérieur s'en ressentait… Il ne fallait pas être longtemps avec elle pour en être ému et pour être réchauffé de ce feu divin." La jeune Amérindienne, illettrée, parvient même à ce que les théologiens appellent "l'union divine". Avec quelques amies, elle songe alors à fonder une communauté de religieuses indigènes, mais son directeur spirituel, l'estimant encore trop jeune dans la foi, l'en dissuade. Son désir d'être consacrée à Dieu seul, de ne vivre plus que pour Lui ne cesse de grandir ; elle soupire après la vie consacrée des "femmes blanches", les religieuses au service du Seigneur. Or, chez les Indiens, cela n'existe pas ; même les chrétiens du village ne peuvent admettre une telle démarche. Mais, le 25 mars 1679, le P. Frémin permet enfin à Kateri de prononcer officiellement le vœu de virginité. A partir de là, sa vie n'est plus qu'action de grâce ; elle s'impose des mortifications de plus en plus pénibles, pour s'unir plus intimement, par amour, aux souffrances du Christ. L'église devient presque son unique demeure. Été comme hiver, avant le soleil, elle se lève à quatre heures du matin et vient s'agenouiller sur le seuil, immobile, en adoration ; elle assiste à toutes les messes et reste longtemps en prière devant le tabernacle ; elle visite les malades, rassemble autour d'elle les enfants, aide les missionnaires…

Mais à un tel rythme, sa santé décline au point qu'elle est bientôt contrainte de s'aliter. Les enfants et les jeunes du village viennent la voir. Tous veulent l'écouter parler de Marie, de Jésus, du "Père qui est dans le ciel", des saints. Son visage est lumineux , les missionnaires le verront même transfiguré, au soir de sa mort, le mercredi saint de l'année 1680.

En cette fin de XVIIème siècle, où s'épanouissent le règne de Louis XIV et la grande spiritualité française, une petite âme infiniment discrète, à l'autre bout du monde, s'en va rejoindre le ciel à la rencontre du Seigneur. Une petite âme, dont la vie effacée, empreinte de réserve et de modestie, était toute tournée vers Dieu et vers son peuple pour lequel elle priait sans cesse, suppliant qu'il daigne accueillir pleinement la Bonne Nouvelle. "Qui est-ce qui m'apprendra ce qu'il y a de plus agréable à Dieu, afin que je le fasse ?", avait-elle coutume de dire. Trois siècles plus tard, en 1980, le Pape Jean-Paul II élève Kateri au rang des Bienheureux, puis la nomme seconde patronne de l'Église des Missions en 1983. Dieu, vraiment, aime "ce qui est petit"…


Elle est canonisée par le Pape Benoît XVI le 21 octobre 2012 et devient la première sainte amérindienne

dimanche

Pape François : La vocation du chrétien c'est d'apporter aux hommes la lumière du Christ



La vocation du chrétien c'est d'apporter aux hommes la lumière du Christ
Angélus du 9 février 


Paroles du pape avant l’angélus

Frères et soeurs, bonjour!

Dans l’Evangile de ce dimanche, qui vient juste après les Béatitudes, Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,13-14). Cela nous étonne un peu si nous pensons à ceux que Jésus avait devant lui quand il disait ces paroles. Qui étaient ses disciples ? C’étaient des pêcheurs, des gens simples… Mais Jésus les regarde avec les yeux de Dieu, et son affirmation se comprend justement comme une conséquence des Béatitudes. Il veut dire : si vous êtes pauvres en esprit, si vous êtes doux, si vous avez le cœur pur, si vous êtes miséricordieux, vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde !

Pour mieux comprendre ces images, ayons présents à l’esprit que la Loi juive prescrivait de mettre un peu de sel sur toute offrande faite à Dieu, comme un signe de l’Alliance. Et puis la lumière, pour Israël, était le symbole de la révélation messianique qui triomphe sur les ténèbres du paganisme.

Les chrétiens, nouvel Israël, reçoivent donc une mission pour tous les hommes : par la foi et la charité ils peuvent orienter, consacrer l’humanité, la rendre féconde.

Nous tous qui sommes baptisés, nous sommes des disciples missionnaires et nous sommes appelés à devenir dans le monde un Evangile vivant: par une vie sainte, nous donnerons de la « saveur » aux différents milieux et nous les défendrons contre la corruption, comme le fait le sel ; et nous apporterons la lumière du Christ par le témoignage d’une charité authentique.

Mais si nous, les chrétiens, nous perdons notre saveur et si nous éteignons notre présence de sel et de lumière, nous perdons l’efficacité.

Comme elle est belle cette mission de donner la lumière au monde ! C’est la mission qui nous avons. Elle est belle ! C’est aussi très beau de conserver la lumière que nous avons reçue de Jésus, de la protéger, de la conserver. Le chrétien devrait être une personne lumineuse qui apporte la lumière, qui donne toujours la lumière ! Une lumière qui n’est pas sienne, mais c’est le cadeau de Dieu, c’est le cadeau de Jésus. Et nous, nous portons cette lumière.

Si le chrétien éteint cette lumière, sa vie n’a pas de sens : il n’est chrétien que de nom celui qui n’apporte pas la lumière, une vie dépourvue de sens.

Mais maintenant, je voudrais vous demander : comme vous, voulez-vous vivre ? Comme une lampe allumée ou comme une lampe éteinte ? Allumée ou éteinte ? Comment voulez-vous vivre?

La foule répond: “Allumée!”

Une lampe allumée! C’est justement Dieu qui nous donne cette lumière et nous nous la donnons aux autres. Une lampe allumée : voilà la vocation chrétienne !

Après l’angélus, avant de quitter sa fenêtre, le pape a ajouté :

Avant de partir, il me vient à l’esprit la question que je vous ai posée : une lampe allumée ou une lampe éteinte ? Qu’est-ce que vous voulez ? Le chrétien apporte la lumière ! C’est une lampe allumée ! Allez toujours de l’avant avec la lumière de Jésus !

vendredi

Pape François : Aller à la messe le dimanche car "c'est beau de vivre cela!"





Aller à  la messe le dimanche car "c'est beau de vivre cela!"
Catéchèse sur l'eucharistie
Rome, 5 février 2014


Catéchèse du pape François en italien

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’Eucharistie. L’Eucharistie est au cœur de «l’initiation chrétienne», avec le baptême et la Confirmation, et elle constitue la source de la vie même de l’Église. En effet, de ce sacrement de l’amour, jaillit tout chemin authentique de foi, de communion et de témoignage.

Ce que nous voyons lorsque nous nous rassemblons pour célébrer l’Eucharistie, la messe, nous fait déjà pressentir ce que nous allons vivre. Au centre de l’espace destiné à la célébration, se trouve l’autel, qui est une table recouverte d’une nappe et cela nous fait penser à un banquet. Sur la table, il y a une croix pour indiquer que, sur cet autel, on offre le sacrifice du Christ : c’est lui, la nourriture spirituelle que l’on y reçoit, sous les signes du pain et du vin. À côté de l’autel, se trouve l’ambon, c’est-à-dire le lieu d’où l’on proclame la Parole de Dieu : cela indique que l’on se rassemble là pour écouter le Seigneur qui parle à travers les Saintes Écritures, et donc la nourriture que l’on reçoit est aussi sa Parole.

La Parole et le pain de la messe deviennent une seule chose, comme au « dernier repas », quand toutes les paroles de Jésus, tous les signes qu’il avait faits, se sont condensés dans songeste de rompre le pain et d’offrir le calice, en anticipation du sacrifice de la Croix, et dans ces paroles : « Prenez et mangez, ceci est mon corps… Prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Le geste que Jésus a accompli lors du « dernier repas » est le remerciement extrême adressé au Père pour son amour, pour sa miséricorde. « Remerciement », en grec, se dit « eucaristia ». Et c’est pour cela que ce sacrement s’appelle l’Eucharistie : c’est le remerciement suprême adressé au Père, qui nous a tant aimés qu’il nous a donné son Fils par amour. Voilà pourquoi le terme « Eucharistie » reprend tout ce geste, qui est le geste de Dieu et de l’homme ensemble, le geste de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

La célébration eucharistique est donc bien davantage qu’un simple banquet : c’est vraiment le mémorial de la passion de Jésus, mystère central du salut. « Mémorial » ne signifie pas seulement « souvenir », un simple souvenir, mais cela veut dire que chaque fois que nous célébrons ce sacrement, nous participons au mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. L’Eucharistie constitue le sommet de l’action du salut de Dieu : en effet, en se faisant pain rompu pour nous, le Seigneur Jésus reverse sur nous toute sa miséricorde et son amour, renouvelant ainsi notre cœur, notre existence et notre manière d’être en relation avec lui et avec nos frères. C’est pour cela que l’on dit communément, lorsqu’on s’approche de ce sacrement, que l’on « reçoit la communion », on « fait la communion » : cela signifie que, dans la puissance de l’Esprit-Saint, la participation au repas eucharistique nous conforme au Christ de manière unique et profonde ; elle nous donne déjà un avant-goût de la pleine communion avec le Père, qui caractérise le banquet céleste où, avec tous les saints, nous aurons la joie inimaginable de contempler Dieu face à face.

Chers amis, nous ne remercierons jamais suffisamment le Seigneur pour le don qu’il nous a fait de l’Eucharistie ! C’est un don tellement grand, et c’est pour cette raison qu’il est si important d’aller à la messe le dimanche. Aller à la messe, non seulement pour prier, mais pour recevoir la Communion, ce pain qui est le corps de Jésus-Christ qui nous sauve, nous pardonne, nous unit au Père. C’est beau de vivre cela !

Et tous les dimanches, nous allons à la messe parce que c’est précisément le jour de la résurrection du Seigneur. C’est pour cela que le dimanche est si important pour nous. Et avec l’Eucharistie, nous sentons justement notre appartenance à l’Église, au Peuple de Dieu, au Corps de Dieu, à Jésus-Christ. Et nous n’aurons jamais fini d’en saisir toute la valeur et la richesse.

Demandons-lui alors que ce sacrement puisse continuer à maintenir vivante sa présence dans l’Église et à façonner nos communautés dans la charité et la communion, selon le cœur du Père. Et cela, on le fait pendant toute sa vie, mais on commence à le faire le jour de sa première Communion. C’est important que les enfants se préparent bien à la première Communion et que tous les enfants la fassent, parce que c’est le premier pas de cette appartenance forte à Jésus-Christ, après le baptême et la Confirmation.

jeudi

Le Chemin Néochatéchuménal


Le Pape François enseigne le Chemin Néochatéchuménal



Audience à la communauté du Chemin néocatéchuménal
Communion, action de l'Esprit Saint, liberté spirituelle
 Rome, 4 février 2014


Discours du pape François

Chers frères et chers sœurs,

Je remercie le Seigneur pour la joie de votre foi ainsi que pour l'ardeur de votre témoignage chrétien, Dieu soit loué ! Je vous salue tous cordialement, à commencer par l'Equipe internationale responsable du Chemin néocatéchuménal, avec les prêtres, les séminaristes et les catéchistes. Un salut plein d'affection adressé aux enfants, présents en grand nombre. Ma première pensée va tout spécialement aux familles, qui se rendent dans différentes parties du monde pour annoncer l'Evangile et rendre témoignage. L'Eglise vous est reconnaissante de votre générosité ! Je vous remercie pour tout ce que vous faites dans l'Eglise et dans le monde.

mardi

Pape François : Aimer et servir la vie, l'accueillir, la respecter et la promouvoir...




"Toute personne consacrée est un don pour l'Eglise"
Angélus du 2 février 2014 


Paroles du pape François avant l'angélus

Chers frères et sœurs, bonjour.

Aujourd'hui nous célébrons la fête de la Présentation de Jésus au temple. Cette date est aussi la Journée de la vie consacrée, qui rappelle l’importance pour l’Église de ceux qui ont accueilli la vocation à suivre Jésus de près sur la voie des conseils évangéliques. L'Evangile d'aujourd'hui raconte que, quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph portèrent l'Enfant au temple pour l'offrir et le consacrer à Dieu, comme cela est prescrit par la loi juive. Cet épisode évangélique est aussi une icône du don de la vie que font ceux qui, par un don de Dieu, assument les traits particuliers de Jésus vierge, pauvre et obéissant.

Cette offrande de soi à Dieu concerne chaque chrétien, car nous sommes tous consacrés à Lui par le Baptême. Nous sommes tous appelés à nous offrir au Père avec Jésus et comme Jésus, en faisant de notre vie un don généreux, en famille, au travail, dans le service de l'Eglise, dans les œuvres de miséricorde. Cependant, cette consécration est vécue de façon particulière par les religieux, les moines, les laïcs consacrés, qui par la profession des vœux appartiennent à Dieu de façon pleine et exclusive. Cette appartenance au Seigneur permet à ceux qui la vivent de façon authentique d'offrir un témoignage spécial à l’Évangile du Royaume de Dieu. Totalement consacrés à Dieu, ils sont totalement livrés aux frères, pour apporter la lumière du Christ là où les ténèbres sont le plus épaisses et pour répandre son espérance dans les cœurs découragés.

Les personnes consacrées sont signe de Dieu dans les divers cadres de vie, sont levain pour la croissance d'une société plus juste et fraternelle, sont prophétie de partage avec les petits et les pauvres. Comprise et vécue ainsi, la vie consacrée nous apparaît comme elle est réellement : un don de Dieu, un don de Dieu à l’Église, un don de Dieu à son Peuple ! Toute personne consacrée est un don pour le Peuple de Dieu en chemin. Il y a tant besoin de ces présences, qui fortifient et renouvellent l'engagement pour la diffusion de l’Évangile, de l’éducation chrétienne, de la charité envers les plus nécessiteux, de la prière contemplative; l’engagement de la formation humaine, de la formation spirituelle des jeunes, des familles ; l'engagement pour la justice et la paix dans la famille humaine. Mais pensons un peu à ce qui se passerait s'il n'y avait pas les sœurs dans les hôpitaux, les sœurs dans les missions, les sœurs dans les écoles. Pensez à une Église sans sœurs ! On ne peut pas l'imaginer : elles sont ce don, ce levain qui fait avancer le Peuple de Dieu. Elles sont grandes, ces femmes qui consacrent leur vie à Dieu, qui perpétuent le message de Jésus.

L’Église et le monde ont besoin de ce témoignage de l'amour et de la miséricorde de Dieu. Les consacrés, les religieux, les religieuses sont le témoignage que Dieu est bon et miséricordieux. C'est pourquoi il est nécessaire de valoriser avec gratitude les expériences de vie consacrée et d'approfondir la connaissance des divers charismes et spiritualités. Il faut prier pour que de nombreux jeunes répondent "oui" au Seigneur qui les appelle à se consacrer totalement à Lui pour un service désintéressé aux frères ; consacrer sa vie pour servir Dieu et les frères.

Pour tous ces motifs, comme cela a déjà été annoncé, l’année prochaine sera dédiée de façon spéciale à la vie consacrée. Confions déjà cette initiative à l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph, qui, comme parents de Jésus, ont été les premiers à être consacrés par Lui et à consacrer leur vie à Lui.

Paroles du pape après l'angélus

Je salue les familles, les paroisses, les associations et tous les pèlerins venus de Rome, d’Italie et de tant de parties du monde. Je salue en particulier les étudiants espagnols de Villafranca de los Barros et Zafra; les chrétiens proches du bienheureux Stefano Bellesini provenant de Vérone, les fidèles de Tarante, les choeurs de Turriaco, de Modène et de la province de Tarante.

En Italie, on célèbre aujourd'hui la Journée pour la vie, qui a pour thème « Engendrer l'avenir ». J'adresse mon salut et mes encouragements aux associations, aux mouvements et aux centres culturels engagés dans la défense et la promotion de la vie. Je m'unis aux évêques italiens, pour rappeler que « tout enfant est voulu par le Seigneur qui aime la vie, don pour la famille et pour la société » (Message pour la XXXVIe Journée nationale pour la Vie). Que chacun, dans son rôle et dans son cadre de vie, se sente appelé à aimer et servir la vie, à l'accueillir, la respecter et la promouvoir, spécialement lorsqu'elle est fragile et qu'elle nécessite de l'attention et des soins, depuis le sein maternel jusqu'à sa fin sur cette terre ».

Je salue le cardinal vicaire et les personnes qui sont impliquées dans le diocèse de Rome pour l'animation de la Journée pour la Vie. J'exprime mon appréciation aux professeurs universitaires qui, à cette occasion, ont organisé des congrès sur les problématiques actuelles liées à la natalité. Merci beaucoup.

Ma pensée se tourne vers les populations bien-aimées de Rome et de la Toscane, touchées par des pluies qui ont provoqué des inondations. Que notre solidarité concrète et notre prière ne fassent pas défaut à nos frères qui sont dans l'épreuve. Chers frères et soeurs, je vous suis si proche !

Je souhaite à tous un bon dimanche et un bon appétit. Au revoir !

Messe pour la journée mondiale de la vie consacrée