vendredi

Pape François : Les sacrements sont "la force du Christ"


Catéchèse du 6 novembre 2013, texte intégral (ci-dessous)

« Les sacrements ne sont pas des apparences, ce ne sont pas des rites, mais c’est la force du Christ », déclare le pape François ce 6 novembre 2013, lors de l'audience générale place Saint-Pierre. Après avoir médité sur la communion des saints la semaine dernière, le pape a centré la catéchèse de de ce mercredi matin sur « la communion aux biens spirituels » que sont « les sacrements, les charismes et la charité ».

Il a insisté également sur l'évangélisation car « l’engagement apostolique à apporter l’Évangile dans tous les milieux, même les plus hostiles, constitue le fruit le plus authentique d’une vie sacramentelle assidue ».

Les charismes, a aussi expliqué le pape, « sont les cadeaux que donne l’Esprit-Saint », faits « non pas pour être cachés mais pour servir aux autres... pour être utiles au peuple de Dieu ». En résumé, ils sont « des grâces particulières, données à certains pour faire du bien à beaucoup d’autres ».



Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Mercredi dernier, j’ai parlé de la communion des saints, comprise comme communion entre les personnes saintes, c’est-à-dire entre nous, croyants. Aujourd’hui, je voudrais approfondir l’autre aspect de cette réalité ; vous vous souvenez qu’il y avait deux aspects : la communion, l’unité entre nous, et l’autre aspect, la communion aux choses saintes, aux biens spirituels. Ces deux aspects sont étroitement liés, en effet, car la communion entre les chrétiens grandit par la participation aux biens spirituels. Considérons plus particulièrement les sacrements, les charismes et la charité (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 949-953). Nous grandissons dans l’unité, dans la communion, par les sacrements, par les charismes que chacun a reçus de l’Esprit-Saint et par la charité.

Tout d’abord, la communion aux sacrements. Les sacrements expriment et réalisent une communion effective et profonde entre nous puisque, en eux, nous rencontrons le Christ Sauveur et, à travers lui, nos frères dans la foi. Les sacrements ne sont pas des apparences, ce ne sont pas des rites, mais c’est la force du Christ ; c’est Jésus-Christ, présent dans les sacrements. Lorsque nous célébrons l’Eucharistie, c’est Jésus vivant qui nous rassemble, qui fait de nous une communauté, qui nous fait adorer le Père. Par le baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, chacun de nous, en effet, est incorporé au Christ et uni à toute la communauté des croyants. Par conséquent, si d’un côté c’est l’Église qui « fait » les sacrements, de l’autre ce sont les sacrements qui « font » l’Église et qui l’édifient, engendrant de nouveaux enfants, les intégrant au peuple saint de Dieu et consolidant leur appartenance.

Chaque rencontre avec le Christ qui nous donne le salut dans les sacrements, nous invite à « aller » communiquer aux autres un salut que nous avons pu voir, toucher, rencontrer, accueillir et qui est vraiment crédible parce qu’il est amour. C’est comme cela que les sacrements nous poussent à être missionnaires et l’engagement apostolique à apporter l’Évangile dans tous les milieux, même les plus hostiles, constitue le fruit le plus authentique d’une vie sacramentelle assidue, qui est participation à l’initiative salvifique de Dieu qui veut donner le salut à tous. La grâce des sacrements nourrit en nous une foi forte et joyeuse, une foi qui sait s’étonner des « merveilles » de Dieu et résister aux idoles du monde. C’est pour cela qu’il est important de recevoir la Communion, il est important que les enfants soient baptisés tôt, qu’ils soient confirmés, parce que les sacrements sont la présence de Jésus-Christ en nous, une présence qui nous aide. C’est important, lorsque nous nous sentons pécheurs, que nous nous approchions du sacrement de la réconciliation. On pourra dire : « Mais j’ai peur, le prêtre va me battre ». Non, le prêtre ne va pas te battre ; tu sais qui tu rencontreras dans le sacrement de la réconciliation ? Tu rencontreras Jésus qui te pardonne ! C’est Jésus qui t’attend ; et c’est un sacrement qui fait grandir toute l’Église.

Le second aspect de la communion aux choses saintes est la communion des charismes. L’Esprit-Saint donne une multitude de dons et de grâces spirituelles aux fidèles ; cette richesse, disons « pleine d’imagination », des dons de l’Esprit-Saint est finalisée à l’édification de l’Église. Les charismes – c’est un terme un peu difficile – sont les cadeaux que nous donne l’Esprit-Saint, des aptitudes, des possibilités… Des cadeaux faits non pas pour être cachés mais pour servir aux autres. Ils ne sont pas donnés pour le profit de celui qui les reçoit, mais pour être utiles au peuple de Dieu. En revanche, si un charisme sert à s’affirmer soi-même, on peut douter qu’il s’agisse d’un charisme authentique ou qu’il soit vécu fidèlement. Les charismes sont des grâces particulières, données à certains pour faire du bien à beaucoup d’autres. Ce sont des attitudes, des inspirations et des motions intérieures qui naissent de la conscience et de l’expérience de personnes précises, appelées à les mettre au service de la communauté. En particulier, ces dons spirituels sont au profit de la sainteté de l’Église et de sa mission. Nous sommes tous appelés à les respecter en nous et dans les autres, à les accueillir comme des stimulants utiles pour que la présence et l’œuvre de l’Église soient fécondes. Saint Paul donnait cet avertissement : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Th 5,19). N’éteignons pas l’Esprit qui nous offre ces cadeaux, ces aptitudes, ces vertus qui sont si belles et qui font grandir l’Église.

Quelle est notre attitude devant ces dons de l’Esprit-Saint ? Sommes-nous conscients que l’Esprit de Dieu est libre de les donner à qui il veut ? Les considérons-nous comme une aide spirituelle, à travers laquelle le Seigneur soutient notre foi et renforce notre mission dans le monde ?

Venons-en au troisième aspect de la communion aux choses saintes, c’est-à-dire la communion de la charité, l’unité que la charité, l’amour, fait entre nous. En observant les premiers chrétiens, les païens disaient : mais comme ils s’aiment, comme ils s’aiment ! Ils ne se haïssent pas, ils ne disent pas du mal les uns des autres. C’est cela la charité, l’amour de Dieu que l’Esprit-Saint met dans nos cœurs. Les charismes sont importants dans la vie de la communauté chrétienne, mais ce sont toujours des moyens pour grandir dans la charité, dans l’amour, que saint Paul place au-dessus des charismes (cf 1 Cor 13,1-13). Sans l’amour, en effet, même les dons les plus extraordinaires sont vains ; cet homme guérit les gens, il a cette qualité, cette autre vertu… mais est-ce qu’il a l’amour et la charité dans son cœur ? S’il l’a, c’est bien, mais s’il ne l’a pas, il ne rend pas service à l’Église. Sans l’amour, tous ces dons et ces charismes ne servent pas à l’Église, parce que là où il n’y a pas l’amour, il y a un vide qui se remplit d’égoïsme. Et je m’interroge : si nous sommes tous égoïstes, pouvons-nous vivre dans la communion et la paix ? Ce n’est pas possible, c’est pourquoi nous avons besoin de l’amour qui nous unit. Le plus petit de nos gestes d’amour a de bons effets sur tous ! Vivre la communion de la charité signifie donc ne pas chercher notre propre intérêt, mais partager les souffrances et les joies de nos frères (cf. 1 Cor 12,26), en étant prêts à porter les poids des plus faibles et des plus pauvres. Cette solidarité fraternelle n’est pas une figure rhétorique, une manière de parler, mais elle fait partie intégrante de la communion entre les chrétiens. Si nous la vivons, nous sommes dans le monde un signe, un « sacrement » de l’amour de Dieu. Nous le sommes les uns pour les autres et nous le sommes pour tous ! Il ne s’agit pas seulement de ces petits actes de charité que nous pouvons nous offrir mutuellement, il s’agit de quelque chose de plus profond : c’est une communion qui nous rend capables d’entrer dans la joie et dans la souffrance de l’autre pour les faire nôtres, sincèrement.

Et souvent nous sommes trop arides, indifférents, détachés et, au lieu de transmettre la fraternité, nous transmettons notre mauvaise humeur, notre froideur, notre égoïsme.

Et avec la mauvaise humeur, la froideur, l’égoïsme, on ne peut pas faire grandir l’Église ; l’Église grandit seulement avec l’amour qui vient de l’Esprit-Saint. Le Seigneur nous invite à nous ouvrir à la communion avec lui, dans les sacrements, dans les charismes et dans la charité, pour vivre dignement notre vocation chrétienne !

Et maintenant, je me permets de vous de demander un acte de charité : rassurez-vous, on ne va pas faire la quête ! Avant de venir sur la place, je suis allé rencontrer une petite fille d’un an et demi qui a une maladie très grave. Dans leur prière, son papa et sa maman demandent au Seigneur de donner la santé à cette belle petite fille. Elle s’appelle Noémi. Elle souriait, la pauvre ! Faisons un acte d’amour. Nous ne la connaissons pas, mais c’est une petite fille baptisée, l’une d’entre nous, c’est une chrétienne. Faisons un acte d’amour pour elle et, en silence, demandons au Seigneur de l’aider en ce moment et de lui donner la santé. En silence, un moment, et ensuite nous prierons le « Je vous salue Marie ». Et maintenant, tous ensemble, prions la Sainte Vierge pour la santé de Noémi. [Je vous salue, Marie…]. Merci pour cet acte de charité.

jeudi

Le pape François embrasse un malade défiguré

Rencontre touchante au Vatican

Première publication 7 novembre 2013 -  Crédit photo : CNN


Les photos du pape François étreignant un homme atteint d'une rare maladie font le tour du web depuis leur rencontre mercredi, au Vatican.

Après la célébration du 6 novembre, le pape a pris plusieurs minutes pour rencontrer l'homme qui souffre de neurofibromatose, une maladie qui lui cause beaucoup de souffrance, en plus de l'apparition d'excroissances partout sur son corps.



Malgré les nombreuses tumeurs de l'homme, le pape n'a pas hésité à mettre ses mains sur son visage et lui a même apposé un baiser sur son front.

Sur les réseaux sociaux, ce geste de tolérance a touché des catholiques, mais également des moins pratiquants.


«Je suis une athée, mais plus j'entends parler du pape François, plus je l'aime», a écrit une femme sur Twitter.



lundi

Pape François : Rien ne surpasse l'Amour de Dieu


Laisse-toi regarder par Jésus
Angélus du 3 novembre 2013

"Si tu as un poids sur la conscience, si tu as honte de tant de choses que tu as commises, arrête-toi un peu, n’aie pas peur. Pense qu’il y a quelqu’un qui t’attend parce que tu as cessé de te souvenir ; et ce quelqu’un c’est ton père, c’est Dieu qui t’attend !": c'est en ces termes que le pape François a commenté l’Évangile de la rencontre de Jésus et de Zachée, lu lors de la messe de ce dimanche 3 novembre.

Le pape redit, selon un leitmotiv de ses conseils spirituels: "Laisse-toi regarder par Jésus".

Le pape a souligné que dans ce passage de l’Évangile de Luc, Jésus monte à Jérusalem en passant par Jéricho: "C’est la dernière étape d’un voyage qui résume le sens de toute la vie de Jésus, dédiée à chercher et sauver les brebis perdues de la maison d’Israël."

Zachée, "exploiteur et voleur", complice avec "l'occupant romain", monte sur un arbre pour voir Jésus. Le pape raconte: "Quand Jésus arrive près de l’arbre, il l’appelle par son nom : «Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison » (Lc19,5). Cet homme petit de stature, rejeté par tous, et loin de Jésus, est comme perdu dans l’anonymat; mais Jésus l’appelle, et ce nom "Zachée", dans la langue de ce temps, a une belle signification, pleine d’allusions: "Zachée" en effet veut dire : "Dieu se souvient"."

Sans tenir compte des commentaires malveillants, Jésus se rend chez lui: "La joie est désormais entrée dans la maison de Zachée, la paix est entrée, le salut est entré, Jésus est entré."

Et voilà l'exhortation du pape à croire dans le pardon toujours offert: "Il n’y a pas de profession ou de condition sociale, il n’y a pas de péché ou de crime d’aucune sorte qui puisse effacer un seul de ses enfants de la mémoire ni du cœur de Dieu. Dieu se souvient, toujours, il n’oublie aucun de ceux qu’il a créés ; c’est un père toujours en attente vigilante et aimante, de voir renaître dans le cœur de son fils le désir de revenir à la maison. Et quand il reconnaît ce désir, même seulement évoqué, et si souvent, quasi inconsciemment, il se rend immédiatement présent, et par son pardon il rend le chemin de conversion et de retour plus facile."

Voilà pourquoi le pape ajoute en passant au tutoiement de ce qui l'écoutent: "Si tu as un poids sur la conscience, si tu as honte de tant de choses que tu as commises, arrête-toi un peu, n’aie pas peur. Pense qu’il y a quelqu’un qui t’attend parce que tu as cessé de te souvenir ; et ce quelqu’un c’est ton père, c’est Dieu qui t’attend ! Grimpe comme Zachée l’a fait, monte sur l’arbre de l’envie d’être pardonné ; je t’assure que tu ne seras pas déçu. Jésus est miséricordieux et il ne se lasse jamais de pardonner !"

Il insiste: "Souvenez-vous en bien, Jésus est comme cela ! (...) Accueillons-le avec joie : lui, peut nous changer, il peut transformer notre cœur de pierre en cœur de chair, il peut nous libérer de l’égoïsme et faire de notre vie un don d’amour. Jésus peut le faire : laisse-toi regarder par Jésus !"




Rien ne surpasse l'amour de Dieu
Messe pour les cardinaux et évêques défunts, homélie du pape

« Les puissances démoniaques, hostiles à l’homme, s’arrêtent, impuissantes, devant l’union d’amour intime entre Jésus et celui qui l’accueille avec foi », déclare le pape François, pour qui « cette réalité de l’amour fidèle de Dieu aide à affronter avec sérénité et force le chemin de chaque jour ».

Le François a célébré la messe en mémoire des cardinaux et évêques décédés lors de l'année passée, en la basilique Saint-Pierre, ce lundi 4 novembre 2013 au matin.

Confiant les évêques et cardinaux défunts « à la miséricorde du Seigneur », il a appelé les croyants à se préparer à rencontrer Dieu à la mort : « Nous ne savons pas la date, mais la rencontre aura lieu ».

Homélie du pape François

Dans le climat spirituel du mois de novembre, marqué par le souvenir des fidèles défunts, nous faisons mémoire de nos frères cardinaux et évêques du monde entier qui sont retournés vers le Père au cours de l’année passée. En offrant pour chacun d’eux cette Eucharistie, demandons au Seigneur de leur accorder la récompense céleste promise aux serviteurs bons et fidèles.

Nous avons écouté les paroles de saint Paul : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,38-39).

L’apôtre présente l’amour de Dieu comme le motif le plus profond, invincible, de la confiance et de l’espérance chrétiennes. Il énumère les forces contraires et mystérieuses qui peuvent menacer le chemin de la foi. Mais il affirme aussitôt avec assurance que même si toute notre existence est entourée de menaces, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que le Christ lui-même a mérité pour nous, en se donnant totalement. Même les puissances démoniaques, hostiles à l’homme, s’arrêtent, impuissantes, devant l’union d’amour intime entre Jésus et celui qui l’accueille avec foi. Cette réalité de l’amour fidèle, que Dieu a pour chacun de nous, nous aide à affronter avec sérénité et force notre chemin de chaque jour, qui est parfois rapide, et parfois au contraire lent et fatigant.

Seul le péché de l’homme peut interrompre ce lien ; mais dans ce cas aussi, Dieu cherchera toujours celui-ci, le recherchera pour établir avec lui une union qui subsiste jusqu’après la mort, une union qui atteint même son sommet dans la rencontre finale avec le Père. Cette certitude confère un sens nouveau et plénier à la vie terrestre et nous ouvre à l’espérance de la vie au-delà de la mort.

En fait, chaque fois que nous nous trouvons face à la mort d’une personne qui nous est chère et que nous avons bien connue, une question surgit en nous : « Qu’en sera-t-il de sa vie, de son travail, de son service dans l’Église ? ». Le Livre de la Sagesse nous a donné la réponse : ils sont dans la main de Dieu ! La main est le signe de l’accueil et de la protection, c’est le signe d’une relation personnelle de respect et de fidélité : donner la main, serrer la main. Voilà que ces pasteurs zélés qui ont consacré leur vie au service de Dieu et de leurs frères, sont dans la main de Dieu. Tout ce qui leur appartient est bien gardé et ne sera pas érodé par la mort. Tous les jours de leur vie, tissés de joies et de souffrances, d’espérances et de fatigues, de fidélité à l’Évangile et de passion pour le salut spirituel et matériel du troupeau qui leur a été confié, tout cela est dans les mains de Dieu.

Les péchés aussi, nos péchés sont dans les mains de Dieu ; ces mains sont miséricordieuses, des mains « marquées par des plaies » d’amour. Ce n’est pas le hasard si Jésus a voulu conserver les plaies de ses mains pour nous faire sentir sa miséricorde qui est notre force, notre espérance.

Cette réalité, pleine d’espérance, est la perspective de la résurrection finale, de la vie éternelle, à laquelle sont destinés « les justes », ceux qui accueillent la Parole de Dieu et qui sont dociles à son Esprit.

C’est ainsi que nous voulons faire mémoire de nos frères cardinaux et évêques défunts : des hommes qui se sont consacrés à leur vocation et au service de l’Église, qu’ils ont aimée comme on aime une épouse. Confions-les, dans la prière, à la miséricorde du Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph, pour qu’il les accueille dans son royaume de lumière et de paix, là où vivent éternellement les justes et ceux qui ont été des témoins fidèles de l’Évangile. Dans cette prière, prions aussi pour nous-mêmes, afin que le Seigneur nous prépare à cette rencontre. Nous ne savons pas la date, mais la rencontre aura lieu.

vendredi

Pape François à la Toussaint : "Tous, nous pouvons devenir des saints"

Le Pape François a présidé ce vendredi midi la récitation de l’Angélus Place Saint-Pierre. L’occasion pour lui, dans sa catéchèse, de souligner « que les Saints ne sont pas des supermen ». « Les saints ne sont pas nés parfaits, a-t-il ajouté, ils sont comme nous, comme chacun de nous, des personnes qui avant d’atteindre la gloire du ciel, ont vécu une vie normale, avec ses joies et ses souffrances, ses fatigues et ses espérances ».



« La fête de Tous les Saints que nous célébrons aujourd’hui, a déclaré le Pape, nous rappelle que le point d’arrivée de notre existence n’est pas la mort, c’est le Paradis! C’est ce qu’écrit l’apôtre Jean : « Ce que nous serons n’a pas encore été révélé. Pourtant nous savons que quand il se sera manifesté, nous serons pareil à lui car nous le verrons tel qu’ il est » (J.,1 J.3, 2). Les Saints, les amis de Dieu nous assurent que cette promesse ne déçoit pas. Dans leur existence sur terre, en effet, ils ont tellement vécu en communion profonde avec Dieu qu’ils sont devenus comme lui. Sur le visage des frères plus petits et méprisés, ils ont vu le visage de Dieu et maintenant ils le contemplent face à face dans sa beauté glorieuse.»

Les Saints ne sont pas des surhommes
« Les Saints ne sont pas des surhommes et ne sont pas nés parfaits. Ce sont des personnes qui avant d’atteindre la gloire du ciel ont vécu une vie normale avec ses joies et ses douleurs,ses fatigues et ses espérances. Mais lorsqu’ils ont connu l’amour de Dieu, ils l’ont suivi de tout leur cœur, sans conditions ni hypocrisies ; ils ont passé leur vie au service des autres, ils ont supporté les souffrances et les adversités sans haine et en répondant au mal par le bien, en répandant la joie et la paix. Les Saints sont des hommes et des femmes qui ont la joie dans le cœur et qui la transmettent aux autres. »

« Etre Saints n’est pas un privilège pour certains mais une vocation pour tous. Tous sont appelés à marcher sur la voie de la sainteté et cette voie a un nom, un visage : Jésus Christ. Il nous montre la voie dans l’Évangile : celle des Béatitudes (cf Mt 5, 1-12). Le Règne des cieux, en effet, est pour tous ceux qui ne placent pas leur confiance dans les choses mais dans l’amour de Dieu ; pour ceux qui ont un cœur simple, humble, qui ne prétendent pas être justes et qui ne jugent pas les autres, pour ceux qui savent souffrir avec ceux qui souffrent et se réjouir avec ceux qui se réjouissent, qui ne sont pas violents mais miséricordieux et qui cherchent à être artisans de la réconciliation et de la paix. »

Leur témoignage doit nous encourager à aller à contre-courant
« Que disent les Saints aujourd’hui ? Ils nous disent : ayez confiance dans le Seigneur car il ne déçoit pas ! Avec leur témoignage, ils nous encouragent à ne pas avoir peur d’aller à contre-courant ou d’être incompris et moqués, lorsqu’on parle de Lui dans l’ Évangile ; ils nous montrent par leur vie que ceux qui restent fidèles à Dieu et à sa Parole expérimentent déjà sur cette terre le réconfort de son amour et le « centuple » dans l’éternité. C’est ce que nous espérons et ce que nous demandons au Seigneur pour nos frères et sœurs défunts. Avec sagesse, l’Église a mis en étroite corrélation la fête de Tous les Saints et la Commémoration de tous les fidèles défunts. À notre prière de louanges à Dieu et de vénération des esprits bienheureux nous unissons une prière de suffrage pour ceux qui nous ont précédé dans le passage de ce monde à la vie éternelle.

Le Pape François prie pour les chrétiens persécutés et les migrants
Cette après-midi, le pape se rendra au cimetière monumental du Verano à l’est de Rome. Il y présidera la messe à partir de 16 heures « uni spirituellement à tous ceux qui ces jours-ci visitent les cimetières où reposent ceux qui nous ont précédé dans le signe de la foi et attendent le jour de la résurrection ». Au terme de cette célébration est prévu un moment de prière pour les défunts avec la bénédiction des tombes.

A l’issue de la prière de l’Angélus, le pape François a assuré qu’il y prierait « en particulier pour les victimes des violences, spécialement les chrétiens qui ont perdu la vie à cause des persécutions ». Le pape a enfin évoqué le drame qui s’est joué dans le Sahel cette semaine : « Je prierais de manière toute particulière pour nos frères et sœurs, ces hommes femmes et enfants morts de soif, de faim et de fatigue sur le chemin menant à des conditions de vie meilleures : ces derniers jours, nous avons vu les images du désert cruel ». Le pape a demandé aux fidèles de prier en silence pour ces migrants.


mercredi

lundi

Pape François aux familles: "Vivez avec foi et simplicité"



Encore des dizaines de milliers de fidèles place Saint-Pierre en ce dimanche matin, second jour du pèlerinage des familles sur la tombe de Saint Pierre organisé dans le cadre de l’Année de la Foi. Lors de la messe qu’il a présidée, le pape François est revenu bien évidemment dans son homélie sur quelques caractéristiques fondamentales de la famille chrétienne : la famille qui prie, la famille qui garde la foi, la famille qui vit la joie.

Il y a deux manières de prier : celle, fausse du pharisien et celle, authentique, du publicain. Le pharisien, a expliqué le Pape, exprime « la satisfaction de soi », tandis que le publicain « ne multiplie pas les paroles ». « Sa prière est humble, sobre, emplie de la conscience de sa propre indignité ». Il reconnaît avoir besoin de la « miséricorde de Dieu ».

Les familles doivent prier comme le publicain, sentant, comme tous, qu’elles ont « besoin de Dieu, de son aide, de sa force, de sa bénédiction, de sa miséricorde et de son pardon ». Pour prier en famille, il faut de la « simplicité » : prier le Notre Père ou le rosaire, « c’est très beau et cela donne tant de force ». Comme de prier les uns pour les autres.

Familles missionnaires
Abordant son second point, le Pape a donné quelques conseils pour que la famille soit la gardienne de la foi. A l’image de Saint Paul, le Saint-Père a exhorté les pèlerins à annoncer la foi, à la diffuser, à la porter au loin. « Saint Paul a conservé la foi parce que, comme il l’avait reçue, il l’a donnée, s’efforçant d’aller vers les périphéries, sans s’arc-bouter sur des positions défensives. » C’est pourquoi François a incité les familles, comme celles qui ont témoigné samedi après-midi, à aller en mission, ou, tout au moins, à « mettre le sel et le levain de la foi dans les actes de tous les jours. »

Autre aspect essentiel aux yeux du pape François, la joie qui vient du fait que le « Seigneur est proche, qu’il écoute le cri des humbles et les libère du mal. » Dans les familles, « la vraie joie vient d’une harmonie profonde entre les personnes qu’elles sentent toutes dans leur cœur, d’une harmonie qui nous fait voir la beauté d’être ensemble, de nous soutenir sur le chemin de la vie. »

« La présence de Dieu dans la famille » est la base de cette joie, a insisté le Pape. Cet amour qu’il prodigue, est un « amour patient » : « la patience est une vertu de Dieu et nous enseigne, en famille, à avoir cet amour patient, l’un avec l’autre. Le pape François a enfin donné un dernier conseil aux nombreuses familles réunies autour de lui : « vivez toujours avec foi et simplicité, comme la Sainte Famille de Nazareth. »

Prière à la Sainte Famille
A l’issue de la messe, après le salut de Mgr Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, organisateur de ce pèlerinage, le Pape s’est rendu devant l’icône de la Sainte Famille installée sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, et a récité une prière dans laquelle il a demandé que « les merveilles de la grâce soient renouvelées ». Il a demandé à la Sainte Famille qu’elle « nous enseigne à imiter ses vertus, avec une sage discipline spirituelle ». « Fais renaître en nous l’estime du silence, rends nos familles cénacles de prières et transforme les en petites Eglises domestiques, renouvelle le désir de sainteté, soutiens le noble effort du travail, de l’éducation, de l’écoute, de la compréhension réciproque et du pardon » a-t-il encore demandé. Il a enfin prié pour que « la conscience du caractère sacré et inviolable de la famille soit réveillé dans notre société ».

Encyclique du Pape François (et Benoît XVI) : La Lumière de la foi (à lire & télécharger)












LETTRE ENCYCLIQUE
LUMEN FIDEI
DU SOUVERAIN PONTIFE
FRANÇOIS

AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS
SUR LA FOI








1. La lumière de la foi (Lumen Fidei) : Par cette expression, la tradition de l’Église a désigné le grand don apporté par Jésus, qui, dans l’Évangile de Jean, se présente ainsi : « Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jn 12, 46). Saint Paul aussi s’exprime en ces termes : « Le Dieu qui a dit ‘Que des ténèbres resplendisse la lumière’, est Celui qui a resplendi dans nos coeurs » (2 Co 4, 6). Dans le monde païen, épris de lumière, s’était développé le culte au dieu Soleil, le Sol invictus, invoqué en son lever. Même si le soleil renaissait chaque jour, on comprenait bien qu’il était incapable d’irradier sa lumière sur l’existence de l’homme tout entière. En effet, le soleil n’éclaire pas tout le réel ; son rayon est incapable d’arriver jusqu’à l’ombre de la mort, là où l’oeil humain se ferme à sa lumière. « S’est-il trouvé un seul homme qui voulût mourir en témoignage de sa foi au soleil ? »[1] demande le martyr saint Justin. Conscients du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, « dont les rayons donnent la vie »[2]. À Marthe qui pleure la mort de son frère Lazare, Jésus dit : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11, 40). Celui qui croit, voit ; il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route, parce qu’elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas.

Une lumière illusoire ?

2. Cependant, en parlant de cette lumière de la foi, nous pouvons entendre l’objection de tant de nos contemporains. À l’époque moderne on a pensé qu’une telle lumière était suffisante pour les sociétés anciennes, mais qu’elle ne servirait pas pour les temps nouveaux, pour l’homme devenu adulte, fier de sa raison, désireux d’explorer l’avenir de façon nouvelle. En ce sens, la foi apparaissait comme une lumière illusoire qui empêchait l’homme de cultiver l’audace du savoir. Le jeune Nietzsche invitait sa soeur Élisabeth à se risquer, en parcourant « de nouveaux chemins (…) dans l’incertitude de l’avancée autonome ». Et il ajoutait : « à ce point les chemins de l’humanité se séparent : si tu veux atteindre la paix de l’âme et le bonheur, aie donc la foi, mais si tu veux être un disciple de la vérité, alors cherche »[3]. Le fait de croire s’opposerait au fait de chercher. À partir de là, Nietzsche reprochera au christianisme d’avoir amoindri la portée de l’existence humaine, en enlevant à la vie la nouveauté et l’aventure. La foi serait alors comme une illusion de lumière qui empêche notre cheminement d’hommes libres vers l’avenir.

3. Dans ce processus, la foi a fini par être associée à l’obscurité. On a pensé pouvoir la conserver, trouver pour elle un espace pour la faire cohabiter avec la lumière de la raison. L’espace pour la foi s’ouvrait là où la raison ne pouvait pas éclairer, là où l’homme ne pouvait plus avoir de certitudes. Alors la foi a été comprise comme un saut dans le vide que nous accomplissons par manque de lumière, poussés par un sentiment aveugle ; ou comme une lumière subjective, capable peut-être de réchauffer le coeur, d’apporter une consolation privée, mais qui ne peut se proposer aux autres comme lumière objective et commune pour éclairer le chemin. Peu à peu, cependant, on a vu que la lumière de la raison autonome ne réussissait pas à éclairer assez l’avenir ; elle reste en fin de compte dans son obscurité et laisse l’homme dans la peur de l’inconnu. Ainsi l’homme a-t-il renoncé à la recherche d’une grande lumière, d’une grande vérité, pour se contenter des petites lumières qui éclairent l’immédiat, mais qui sont incapables de montrer la route. Quand manque la lumière, tout devient confus, il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction.

Une lumière à redécouvrir


4. Aussi il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-mêmes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu. La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant, qui nous appelle et nous révèle son amour, un amour qui nous précède et sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et construire notre vie. Transformés par cet amour nous recevons des yeux nouveaux, nous faisons l’expérience qu’en lui se trouve une grande promesse de plénitude et le regard de l’avenir s’ouvre à nous. La foi que nous recevons de Dieu comme un don surnaturel, apparaît comme une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps. D’une part, elle procède du passé, elle est la lumière d’une mémoire de fondation, celle de la vie de Jésus, où s’est manifesté son amour pleinement fiable, capable de vaincre la mort. En même temps, cependant, puisque le Christ est ressuscité et nous attire au-delà de la mort, la foi est lumière qui vient de l’avenir, qui entrouvre devant nous de grands horizons et nous conduit au-delà de notre « moi » isolé vers l’ampleur de la communion. Nous comprenons alors que la foi n’habite pas dans l’obscurité ; mais qu’elle est une lumière pour nos ténèbres. Après avoir confessé sa foi devant saint Pierre, Dante la décrit dans La Divine Comédiecomme une « étincelle, qui se dilate, devient flamme vive et brille en moi, comme brille l’étoile aux cieux »[4]. C’est justement de cette lumière de la foi que je voudrais parler, afin qu’elle grandisse pour éclairer le présent jusqu’à devenir une étoile qui montre les horizons de notre chemin, en un temps où l’homme a particulièrement besoin de lumière.

5. Avant sa passion, le Seigneur assurait à Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32). Puis il lui a demandé d’ « affermir ses frères » dans cette même foi. Conscient de la tâche confiée au Successeur de Pierre, Benoît XVI a voulu proclamer cette Année de la foi, un temps de grâce qui nous aide à expérimenter la grande joie de croire, à raviver la perception de l’ampleur des horizons que la foi entrouvre, pour la confesser dans son unité et son intégrité, fidèles à la mémoire du Seigneur, soutenus par sa présence et par l’action de l’Esprit Saint. La conviction d’une foi qui rend la vie grande et pleine, centrée sur le Christ et sur la force de sa grâce, animait la mission des premiers chrétiens. Dans les Actes des martyrs, nous lisons ce dialogue entre le préfet romain Rusticus et le chrétien Hiérax : « Où sont tes parents ? » demandait le juge au martyr, et celui-ci répondit : « Notre vrai père est le Christ, et notre mère la foi en lui »[5]. Pour ces chrétiens la foi, en tant que rencontre avec le Dieu vivant manifesté dans le  Christ, était une « mère », parce qu’elle les faisait venir à la lumière, engendrait en eux la vie divine, une nouvelle expérience, une vision lumineuse de l’existence pour laquelle on était prêt à rendre un témoignage public jusqu’au bout.

mercredi

Pape François - Marie modèle de vie et de foi



La Vierge Marie, unie à Dieu dans le quotidien
Paroles du pape lors de l'audience générale
Rome, 23 octobre 2013 (Zenit.org)

La vie quotidienne de la Vierge Marie fut « le lieu d’un dialogue profond entre elle et Dieu, entre elle et son Fils », souligne le pape qui exhorte le croyant à vivre comme elle, « immergée dans le mystère de Dieu » et d’avoir « une relation constante » avec le Christ.

Poursuivant les catéchèses sur l’Eglise, dans le cadre de l’Année de la foi, le pape a médité sur « Marie comme image et modèle de l’Eglise », lors de l’audience générale de ce mercredi matin, 23 octobre 2013, place Saint-Pierre.

Marie, a-t-il expliqué, est « modèle de foi » parce que « la simplicité de ses milles occupations et préoccupations quotidiennes » fut « le lieu d’un dialogue profond entre elle et Dieu, entre elle et son Fils ».

« Marie a toujours vécu immergée dans le mystère de Dieu fait homme, comme sa première et parfaite disciple, méditant toute chose dans son cœur à la lumière de l’Esprit Saint, pour comprendre et mettre en pratique toute la volonté de Dieu ».

L'Eglise apporte le Christ
Le pape a exhorté à « se laisser éclairer par la foi de Marie », y compris « dans les moments de difficulté, d’épreuve, d’obscurité ».

Marie est aussi « modèle de charité », « exemple vivant d’amour » par sa disponibilité pour « apporter Jésus », et l’Eglise est comme Marie : « l’Eglise n’est pas un magasin, ni une agence humanitaire, l’Eglise n’est pas une ONG, l’Eglise est envoyée porter à tous le Christ et son Évangile ».

L’Eglise « ne s’apporte par elle-même… l'Eglise apporte Jésus, c’est le centre de l’Eglise, porter Jésus, la charité de Jésus, l’amour de Jésus », a insisté le pape, à tel point que « s’il arrivait que l’Eglise n’apportait pas Jésus, ce serait une Eglise morte ! »

Relation constante avec le Christ
Le pape a invité à se demander « quel est le genre d’amour que nous portons aux autres ? » : « un amour fort, ou faible ? Gratuit ou intéressé ? … est-ce que nous parlons mal les uns des autres ou bien nous nous préoccupons les uns des autres ? »

Enfin, « Marie est modèle d’union avec le Christ » : « toutes ses actions étaient accomplies en union parfaite avec Jésus. Cette union atteint son sommet sur le Calvaire : ici Marie s’unit au Fils dans le martyre du cœur et dans l’offrande de sa vie au Père pour le salut de l’humanité ».

Là encore, le pape a invité à un examen de conscience : « est-ce que nous nous souvenons de Jésus seulement lorsque quelque chose ne va pas ou est-ce que nous avons une relation constante, une amitié profonde, même quand il s’agit de le suivre sur le chemin de croix ? »

mardi

Sainte Bernadette Soubirous


Sainte Bernadette Soubirous 
07 janvier 1844 - 16 avril 1879

L'enfance 

C'est au moulin de Boly (ce nom lui vient de son ancien propriétaire) que Bernadette Soubirous naît le 7 janvier 1844, un an après le mariage de ses parents. Elle est baptisée le 9 janvier 1844, dans l'église paroissiale Saint-Pierre, à Lourdes (église aujourd'hui disparue). Dix ans durant, Bernadette habitera le moulin de Boly avec ses parents, Louise et François Soubirous, des meuniers qui gagnent dignement leur vie. De nos jours, un siècle et demi plus tard, la demeure n’a pas beaucoup changé : on pourrait croire que les Soubirous viennent de la quitter. Il ne manque que le ruisseau Lapacca pour faire tourner les meules du moulin : le cours d'eau a depuis lors été canalisé sous le boulevard de la Grotte.


Le moulin de Boly est loin d’être misérable avec ses deux cheminées dans les chambres, ses nombreuses ouvertures et ses pièces claires et propres. Avant les apparitions, il est exploité depuis 1786 par la famille maternelle de Bernadette, les Castérot. Pour toute la joie vécue en ce lieu, Bernadette appellera cette demeure «le moulin du bonheur».

Le couple formé par François Soubirous et Louise Castérot est un couple qui s’aime. Ce mariage d’amour va durer toute leur vie. Ils auront neuf enfants dont cinq mourront en bas âge. Auprès de ses parents, Bernadette fera une découverte très importante dans l’existence de tout homme, de toute femme : la beauté et la grandeur de l'amour humain. Cette expérience fera d’elle une personne profondément équilibrée, surtout au moment de l’épreuve, de la misère et de la maladie.

Lourdes, au milieu du XIXème siècle

Au milieu du XIXème siècle, Lourdes est un chef-lieu de canton d’environ 4 000 habitants, au pied des Pyrénées, en pays de Bigorre. Petite ville tranquille restée à l’écart de l’agitation à la mode des villes d’eau voisines, elle se situe sur la rive droite du Gave, au pied de son vieux château fort. Comme toutes les villes de son importance, elle possède sa mairie, son commissariat de police, son tribunal, son église. Parmi ses habitants, on compte des notaires, avocats, médecins, officiers, instituteurs mais aussi des personnes qui travaillent de leurs mains comme les petits artisans, carriers, manœuvres ainsi que nombreux meuniers. A cette époque où la nourriture est à base de pain et où la grande peur de manquer de farine est toujours présente, les moulins sont nombreux, s’égrenant le long d’un des ruisseaux se jetant dans le Gave : le Lapacca.

Les épreuves

En novembre 1844, Louise se brûle un sein et ne peut plus allaiter Bernadette qu’il faut envoyer en nourrice aux environs de Lourdes, à Bartrès. Bernadette y reste un an et demi.
En avril 1845, le premier deuil frappe les Soubirous : la mort de leur deuxième enfant, Jean, âgé de deux mois.

Puis, les affaires vont mal au moulin. François Soubirous est un brave homme, il n’est jamais pressé de se faire payer, surtout par les clients les plus pauvres.


En 1850, l’état de santé de Bernadette s’aggrave : elle souffre d’asthme mais aussi de maux d’estomac et de la rate. Puis, son père se crève un œil en repiquant les meules du moulin devenues trop lisses: son œil gauche a été atteint de plein fouet par un éclat.


En 1854, l’année des 10 ans de Bernadette, la famille Soubirous doit déménager. Bernadette quitte le gai moulin de son enfance.

Le mobilier des Soubirous est transporté à la maison Laborde et le père commence à chercher des travaux précaires pour nourrir ses quatre enfants. De meunier, François Soubirous devient brassier. Louise aussi s’est mise à travailler : ménages, lessives et travaux agricoles.

Durant l’automne 1855, une épidémie de choléra déferle sur Lourdes. Bernadette en réchappe mais sa santé, devenue fragile dès ses 6 ans, atteint un nouveau stade de détérioration. Cette fois, l’asthme ne la quittera plus.

Le décès de la grand-mère Castérot vient rétablir financièrement la situation précaire de la famille. Les Soubirous achètent un peu de bétail et louent le moulin de Sarrabeyrouse (commune d'Arcizac-ez-Angles, à quelques kilomètres de Lourdes, sur la route de Bagnères-de-Bigorre). Mais le contrat que François Soubirous signe est ruineux.

Durant l’hiver 1856-1857, les Soubirous dans la misère se résignent à contre-coeur à se séparer de Bernadette. Sa marraine, tante Bernarde, la prend chez elle, comme petite servante (ménage à la maison et service au comptoir du cabaret).

Un des aspects de la vie quotidienne de Bernadette durant toutes ces épreuves est sa vie de prière. Elle ignore tout du catéchisme, mais cela ne l’empêche pas d’être élevée chrétiennement. Elle sait son «Notre Père» en français et son «Je vous salue Marie». Elle porte toujours sur elle un chapelet.
En 1856, une famine est annoncée. Début 1857, à cause du chômage, les Soubirous revenus à Lourdes sont expulsés de la maison Rives et s’installent au cachot, sombre pièce de 3,72 m sur 4,40 m.

Le 27 mars 1857, la gendarmerie débarque au cachot. Elle emmène François Soubirous comme un malfaiteur : deux sacs de farine ont été volés chez le boulanger Maisongrosse et celui-ci accuse le père de Bernadette. Le voilà tombé au rang des voleurs. Il est bientôt innocenté.


En septembre 1857, Bernadette retourne à Bartrès chez sa nourrice Marie Lagües, pour soulager un peu la famille. Le soir venu, sa nourrice lui donne quelques cours rudimentaires de catéchisme. Mais Bernadette ne veut pas vivre loin des siens, loin de ceux qu'elle aime tant. De plus, elle a dans son coeur le projet de faire sa première communion et il lui tarde de bien s'y préparer. Alors, le 17 janvier 1858, elle revient à Lourdes, chez les siens, au cachot, rue des Petits Fossés.


Les apparitions de 1858



Jeudi 11 février 1858 : la première rencontre
Première apparition. Accompagnée de sa sœur et d'une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte : "J'aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied". Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

Dimanche 14 février 1858 : l'eau bénite
Deuxième apparition. Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l'y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l'eau bénite. La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

Jeudi 18 février 1858 : la Dame parle
Troisième apparition. Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d'écrire son nom. Elle lui dit : "Ce n'est pas nécessaire.", et elle ajoute : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours?"

Vendredi 19 février 1858 : le premier cierge
Quatrième apparition. Bernadette vient à la Grotte avec un cierge bénit et allumé. C'est de ce geste qu'est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.

Samedi 20 février 1858 : la grande tristesse
Cinquième apparition. La Dame lui a appris une prière personnelle. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.

Dimanche 21 février 1858 : "Aquero"
Sixième apparition. La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l'accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu'elle a vu. Bernadette ne lui parle que d' "Aquero" (cela).

Mardi 23 février 1858 : le secret
Septième apparition. Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. L'Apparition lui révèle un secret "rien que pour elle ".

Mercredi 24 février 1858 : «Pénitence !»
Huitième apparition. Message de la Dame : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! "

Jeudi 25 février 1858 : la source
Neuvième apparition. Trois cents personnes sont présentes. Bernadette raconte : "Elle me dit d'aller boire à la source (…). Je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m'en allai." Devant la foule qui lui demande: "Sais-tu qu'on te croit folle de faire des choses pareilles ?, elle répond : "C'est pour les pécheurs."

Samedi 27 février 1858 : silence
Dixième apparition. Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

Dimanche 28 février 1858 : pénitence
Onzième apparition. Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

Lundi 1er mars 1858 : la première miraculée de Lourdes
Douzième apparition. Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

Mardi 2 mars 1858 : le message aux prêtres
Treizième apparition. La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle". Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve : voir fleurir en plein hiver le rosier (l'églantier) de la Grotte.

Mercredi 3 mars 1858 : le sourire de la Dame
Quatorzième apparition. Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas ! Après l'école, elle entend l'invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : "Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte".

Jeudi 4 mars 1858 : huit mille personnes à la Grotte
Quinzième apparition. La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte : elle n'en ressent plus l'irrésistible attrait.

Jeudi 25 mars 1858 : la Dame révèle enfin son nom
Seizième apparition. La vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas. Bernadette raconte : "Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit: Que soy era immaculada councepciou". Bernadette part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (dogme).

Mercredi 7 avril 1858 : le miracle du cierge
Dix-septième apparition.Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoure longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

Vendredi 16 juillet 1858 : la toute dernière apparition
Dix-huitième apparition. Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, mais l'accès à Massabielle est interdit et fermé par une palissade. Elle se rend donc en face, de l'autre côté du Gave... et voit la Vierge Marie, une ultime fois : "Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !".


Le discernement


Au lendemain des apparitions, Bernadette s'interroge sur le sens à donner à sa vie. Elle se sent appelée à devenir religieuse, mais dans quelle congrégation? Elle se met en recherche, d'abord attirée par le carmel de Bagnères-de-Bigorre. En 1860-1861, elle parle aussi de rejoindre un ordre religieux dédié à saint Bernard. Elle aimerait y entrer pour les veilles, jeûnes, discipline et autres mortifications qui s'y vivent… mais sa mauvaise santé semble être un obstacle ainsi que sa pauvreté car une dot est demandée.

En 1863, les sœurs de la Charité de Nevers, en mission à l’hospice de Lourdes, l’orientent vers le soin des malades. Pour Bernadette, à leurs côtés, c'est une expérience décisive. Ce qu’elle apprécie, entre autres, chez les sœurs de Nevers, c’est leur discrétion à son égard, en contraste avec d’autres, qui la sollicitent de toutes parts. Elle dira plus tard : «Je vais à Nevers parce qu’on ne m’y a pas attirée».

Le 27 septembre 1863, Bernadette a une conversation très intéressante sur son avenir avec Mgr Forcade, évêque de Nevers, de passage à Lourdes. Les mois suivants, Bernadette mûrit son discernement. Le 4 avril 1864, après une messe célébrée à l’hospice de Lourdes, elle va trouver la supérieure des religieuses, sœur Alexandrine Roques et lui dit : «Je sais maintenant, ma chère Mère, où je dois me faire religieuse […]. Chez vous, ma chère Mère».

Du 4 octobre au 19 novembre 1864, Bernadette est partie se reposer, loin de Lourdes, sans avoir la réponse à sa demande du 4 avril. A Nevers, la supérieure, Mère Joséphine Imbert, hésite : elle s’inquiète des perturbations que la célébrité de Bernadette risque d’entraîner pour la maison religieuse qui la recevrait. Mère Marie-Thérèse Vauzou, la maîtresse des novices, émet un avis favorable. L’évêque de Nevers appuie la demande.

Le 19 novembre 1864, en rentrant à Lourdes, Bernadette trouve une bonne nouvelle : la réponse est positive. Le postulat peut donc commencer dès à présent, depuis Lourdes. Mais Bernadette tombe gravement malade, de début décembre 1864 à la fin du mois de janvier 1865. Sa convalescence est attristée par le décès de Justin, l'un de ses petits frères.

Bernadette commence finalement son postulat en février 1865. En avril 1866, elle rédige sa demande d'entrée au noviciat de Nevers. Désormais, elle peut rejoindre la maison-mère des Soeurs de la Charité.

Le 28 avril 1866, Bernadette annonce son départ pour Nevers. Mais Mgr Laurence, l'évêque de Tarbes, tient à ce qu’elle soit présente à l’inauguration de la crypte (érigée à l'aplomb de la Grotte, dans le sanctuaire naissant). Bernadette assiste à la célébration et participe à la première procession officielle qui répond à la demande de la Vierge Marie. A cette occasion, Bernadette subit les assauts des curieux. Mgr Laurence autorise vite le départ de Bernadette pour Nevers.

Le 3 juillet 1866, toute la famille Soubirous est réunie au moulin Lacadé - nouveau lieu d'habitation - pour le repas d’adieu. A Lourdes, Bernadette aura mûri pendant huit ans sa vocation de baptisée.


La vocation religieuse

Du 4 au 7 juillet 1866, Bernadette voyage de Lourdes vers Nevers. Une fois arrivée à la maison-mère des Soeurs de la Charité, après le témoignage qu’elle fera des apparitions, Bernadette coiffe le petit bonnet et revêt la pèlerine de postulante. Bernadette a formellement précisé qu’elle venait pour «se cacher».

Bernadette a le mal du pays. Elle dira : «C’est le plus grand sacrifice de ma vie». Elle surmonte ce déracinement avec courage, mais aussi avec humour. De plus, elle assume sans arrière-pensée cette nouvelle étape : «Ma mission est finie à Lourdes», «Lourdes n’est pas le ciel».

Bernadette prend l’habit religieux le 29 juillet 1866, trois semaines après son arrivée, avec 42 autres postulantes. Elle reçoit le nom de sœur Marie-Bernard.

En septembre 1866, Bernadette voit son état de santé s’aggraver. En octobre 1866, elle est à toute extrémité. Le docteur Robert Saint-Cyr, médecin de la communauté, assure qu’elle ne passera pas la nuit. Mère Marie-Thérèse juge bon que Bernadette face profession in articulo mortis... Elle survivra à cette nuit.

En décembre 1866, Bernadette apprend le décès de sa maman, Louise. Elle avait 41 ans.

Le 2 février 1867, Bernadette, guérie, revient au noviciat.


Le 30 octobre 1867, Bernadette fait profession entre les mains de Mgr Forcade, l'évêque de Nevers. Elle s’engage pour la vie à pratiquer les vœux de «pauvreté, chasteté, obéissance et charité». Chaque professe reçoit : le crucifix, le Livre des Constitutions, la lettre d’obédience et son affectation dans une maison religieuse. Bernadette est affectée à la maison-mère en tant qu'aide infirmière.


En 1869, Bernadette est confrontée à de nouveaux problèmes de santé. En mars 1871, elle apprend le décès de son papa, François.

De 1875 à 1878, la maladie progresse et c'est souffrante que Bernadette prononce ses vœux perpétuels.

Le 11 décembre 1878, Bernadette s’alite définitivement, dans sa "chapelle blanche" comme elle appelle le grand lit à rideaux dans lequel elle passe ses longues nuits d'insomnie.

Le 16 avril 1879, Bernadette décède : elle entre dans la Vie pour retrouver à jamais Jésus et la Vierge Marie, mais aussi tous ceux qui lui sont chers. Le 30 mai 1879, son cercueil est descendu dans le caveau de l’oratoire Saint-Joseph, dans le jardin de la maison-mère des Soeurs de la Charité de Nevers.

Treize années durant, Bernadette aura pleinement vécu sa vocation de religieuse.


Le corps intact de Bernadette, à Nevers

L'instruction de la cause de béatification de Bernadette, décédée à Nevers le 16 avril 1879, va nécessiter l’exhumation du corps. Cela se fait en trois temps : septembre 1909, avril 1919 et avril 1925. A la grande surprise des observateurs, le corps de Bernadette est découvert intact. Un véritable mystère qui n'est cependant pas unique au monde. La science et la médecine émettent des hypothèses.

Depuis le 3 août 1925, le corps de Bernadette repose dans une châsse de verre située dans la chapelle de l'ancien couvent Saint-Gildard, à Nevers. Le site est celui de la maison-mère des Soeurs de la Charité, appelée maintenant "Espace-Bernadette-Soubirous-Nevers". Sur le visage et sur les mains de Bernadette ont été déposés de très fins masques de cire.

«Les pèlerins qui défilent à Nevers devant la châsse où demeure ce corps en attente de la résurrection perçoivent là un témoignage de cette destinée : la lumière y a jailli de la nuit, et le bonheur, du malheur, comme la Gloire de la Croix du Christ».
Père René Laurentin
Espace-Bernadette-Soubirous-Nevers
34, rue Saint-Gildard
58000 Nevers (France)
Tél : +33 (0)3 86 71 99 50
Fax : +33 (0)3 86 71 99 51


Une petite châsse dans les Sanctuaires de Lourdes
Il existe dans les Sanctuaires de Lourdes une petite châsse contenant des reliques de Bernadette : elle est située, à l'année, dans une petite chapelle située à l'entrée de la crypte, sous la basilique de l'Immaculée Conception. Chaque année, le 18 février, la châsse est portée en procession dans les rues de la cité mariale.


La béatification de Bernadette, en 1925

Le 2 juin 1925, dans la salle du Consistoire, le pape Pie XI déclare que l'on peut proclamer Bernadette "bienheureuse".



Le matin du dimanche 14 juin 1925, en la fête du Très Saint-Sacrement, la basilique Saint-Pierre de Rome vibre de joie, étincelle de lumière. Sous ses voûtes et sa coupole dorées, une foule immense se trouve assemblée aux côtés de Mère Marie-Thérèse Bordenave, supérieure générale de la congrégation des Soeurs de la Charité de Nevers, et d'un grand nombre de ses religieuses.

Le texte de la béatification est sitôt lu que de partout éclatent les applaudissements. Puis on entonne le chant duTe Deum alors que les cloches de Saint-Pierre se mettent à sonner. Dans le même temps, une représentation de Bernadette est dévoilée : elle montre la petite Lourdaise portée par des anges vers la Vierge Immaculée qui lui tend les bras. Dès lors, Bernadette, honorée comme bienheureuse, a sa fête liturgique, son office propre, là où Rome le permet. On peut exposer et vénérer publiquement ses reliques.

Le 3 août 1925, le corps préservé intact de Bernadette est déposé dans le choeur de la chapelle du couvent Saint-Gildard, à Nevers (France). Il s'y trouve toujours.



La canonisation de Bernadette, en 1933

Le 8 décembre 1933, Bernadette est proclamée "sainte".


Le pape Pie XI prononce depuis Rome, solennellement, la formule de la canonisation de Bernadette: «En l'honneur de la Très Sainte et Indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et pour l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de Notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Notre, après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l'avis de Nos vénérables frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, les Patriarches, les Archevêques et Évêques, Nous déclarons et définissons Sainte la bienheureuse Marie-Bernard Soubirous et l'inscrivons dans le catalogue des Saints, statuant que sa mémoire sera pieusement célébrée dans l'Église universelle le 16 avril de chaque année, jour de sa naissance au ciel. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit».

A l'issue de la messe solennelle célébrée par le pape Pie XI, le chant de l'Ave Maria est spontanément entonné par la foule comme il l'est aux Sanctuaires à Lourdes.



Extrait de l'allocution du pape Pie XI pour la canonisation de Bernadette Soubirous

[...] "C’est la Sainte Vierge Immaculée qui vous a convoqués pour l’honorer elle-même et honorer sa petite servante, la petite, la grande sainte Bernadette, devenue la confidente de la Reine du Ciel. [...] La vie et la sainteté de Bernadette sont un fruit admirable et complet de la Rédemption. La nouvelle Sainte nous enseigne ce que le monde dédaigne et méprise : la vie cachée, la vie humble, de renoncement, qui est une des grandes leçons du Rédempteur, nous indiquant aussi ce précieux et divin enseignement : “Apprenez de Moi que je suis doux et humble de coeur”. L’Evangile se résume en cette leçon essentielle. Telle est bien la finalité de la vie chrétienne, la raison dernière des enseignements du Rédempteur qui, au cours de sa vie parmi les hommes, de Bethléem au Calvaire, est venu précisément pour que les âmes aient la vie, au sens strict du mot, et l’aient surabondamment. Le sentiment d’humilité qu’il a apporté au monde était totalement inconnu du monde païen, comme nous le constatons encore dans les régions qui ne sont pas évangélisées, infestées par les erreurs et les horreurs de toutes sortes. Quel contraste ! Après dix-neuf siècles, sainte Bernadette vient encore rappeler cette grande leçon à un monde où sévissaient l’arrogance de l’esprit, la superbe du coeur et le mépris de l’humilité, la petite sainte de Lourdes a été un parfait modèle de douceur et d’humilité. [...].

"Et maintenant Nous allons vous bénir et Nous mettons en cette bénédiction tous les désirs que Notre coeur peut former. Qu’elle descende sur vous tous, sur chacun, sur chacune, non seulement sur vous ici présents, mais encore sur tous ceux auxquels vous pensez. Qu’elle descende sur toutes les personnes que chacun de vous porte dans son coeur ; qu’elle descende sur vos maisons, vos familles, vos parents, tout ce que vous avez de plus cher, en un mot, sans oublier vos chers enfants, prédilection du divin Rédempteur et objet spécial de Notre sollicitude paternelle. Car nous désirons les voir, ces jeunes, profiter largement eux aussi des fruits de la Rédemption,Nous voulons les voir soustraits à tout ce qui pourrait les empêcher de profiter de ces fruits. Car nous avons le droit de compter sur cette jeunesse. Ces jeunes sont au commencement de la vie, c’est pourquoi Nous les bénissons avec préférence, pour que ces bénédictions les accompagnent dans les difficultés de l’existence.


[...] “Vous êtes venus renouveler pour Nous cette joie que nous avons goûtée à Saint-Pierre, au cours de la cérémonie où vous apportiez la contribution de votre présence si autorisée, si attendue, si justifiée, et celle de votre foi, de votre dévotion, de votre prière. Ce fut vraiment une cérémonie comme on en a rarement vu, peut-être jamais, d’aussi magnifique et d’aussi recueillie. Nous sommes heureux de vous bénir encore, de saluer en vous Lourdes, cité si heureuse et si fortunée par le choix de la Vierge Marie, pays privilégié et théâtre d’événements grandioses, où la Vierge par ses confidences à sa fidèle disciple, attire d’innombrables multitudes qui éprouvent et magnifient sa maternelle bonté et sa puissante intercession. C’est à Lourdes que nous devons non seulement les splendeurs de l’Immaculée Conception, mais ce cadeau qui se nomme votre et Notre sainte Bernadette.” [...]


“La présence des Lourdais à Nos pieds, nous rappelle nécessairement les choses magnifiques vues et admirées par Nous à Lourdes, où Nous avons pu goûter dans toute sa plénitude la douceur profonde qu’apportent à l’âme la magnificence et la sainteté de ce lieu béni, la beauté du pays et de ses montagnes, la Grotte miraculeuse vraiment mariale par excellence. Cette douceur, Nous l’avons goûtée plus intimement lors de notre première visite à Lourdes où se trouvaient seulement une famille de pèlerins de Shanghaï, le père, la mère et la fille qui étaient venus à la Grotte faire une visite d’action de grâce, à la suite d’un miracle obtenu et duquel Nous avons vu un signe évident. La beauté précieuse du silence et de la solitude qui, ce jour-là, contrastaient éloquemment et de façon suggestive avec les habituels élans de ferveur collective et les clameurs de la multitude, incitait l’âme à la confiance et à la foi, la conduisait à entendre la voix de la Vierge et à jouir de l’enchantement de son visage maternel. Quelle beauté, aussi dans la succession des nombreux et grands pèlerinages, les processions solennelles et la vue de tant de douleurs, de tant de souffrances, de patience héroïque, d’espérance et d’aspirations, lorsque Jésus, Dieu tout puissant, passe sous les Espèces Eucharistiques au milieu des acclamations, comme il passait au milieu des foules, au temps de sa vie mortelle”. [...]


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